Agoué : la Cour constitutionnelle clôture un séminaire stratégique sur les contentieux électoraux
Du 6 au 8 octobre 2025, la commune d’Agoué a accueilli un séminaire de haut niveau organisé par la Cour constitutionnelle du Bénin, consacré aux contentieux des élections législatives et présidentielles prévues en 2026. Placée sous la présidence du Vice-président de la Cour, M. Nicolas ASSOGBA, cette rencontre a réuni les membres de la haute juridiction, leurs assistants juridiques ainsi que des cadres administratifs, dans une dynamique de renforcement des capacités et d’anticipation des défis électoraux à venir.
Pendant trois jours, les participants ont revisité les fondements juridiques du contentieux électoral à la lumière des textes constitutionnels, des lois organiques et du code électoral en vigueur. Les communications ont mis en relief les innovations normatives récentes, tout en détaillant les étapes critiques du traitement des dossiers : réception, ouverture, vérification, traitement administratif, judiciaire et informatique. Une attention particulière a été accordée aux modalités de proclamation des résultats, avec un accent sur la rigueur, la célérité et la transparence qui doivent guider l’action juridictionnelle.
Parmi les temps forts du séminaire, deux interventions majeures ont été présentées par le Dr Gilles Badet, ancien Secrétaire général de la Cour constitutionnelle. Dans une communication saluée pour sa clarté et sa profondeur, il a rappelé que le contentieux électoral dépasse la technique juridique : il incarne la capacité d’une nation à garantir la sincérité du suffrage et à préserver la paix sociale. Sa première intervention portait sur le contentieux préélectoral, en exposant sa typologie, ses fondements et ses implications pratiques. La seconde, centrée sur les opérations électorales, a permis de revisiter les étapes clés du processus : organisation du scrutin, déroulement du vote, dépouillement et transmission des résultats. Pour le Dr Badet, chaque étape constitue un maillon d’une chaîne de confiance. Si l’un cède, c’est toute la légitimité du résultat qui vacille.
À la clôture des travaux, le Secrétaire général de l’institution, le Magistrat Romuald IROTORI, a salué la qualité des échanges et la discipline exemplaire des participants, soulignant que cette rencontre a permis une réelle montée en compétence des acteurs impliqués. Il a exprimé sa gratitude envers les conseillers pour leur engagement constant et leur contribution active à la réussite du séminaire.
Dans son allocution de clôture, le Vice-président Nicolas ASSOGBA a exprimé sa « profonde satisfaction » quant à la qualité des réflexions et à l’atteinte des objectifs fixés. Il a insisté sur l’importance du traitement rigoureux des plis électoraux, la vérification méthodique des résultats et la transparence dans leur proclamation. Citant Raymond Carré de Malberg, il a rappelé que « la Constitution n’est pas seulement un texte, elle est un esprit qui vit dans la conscience des institutions ». Il a également salué le travail des communicateurs, modérateurs, logisticiens et rapporteurs, qualifié de « véritable sacrifice ». Pour conclure, il a invoqué Nelson Mandela : « Une société démocratique se mesure à la justice qu’elle rend, non à la force qu’elle impose. »
Ce séminaire s’inscrit dans une démarche proactive de la Cour constitutionnelle visant à garantir la régularité, la transparence et la sincérité du processus électoral de 2026.
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