Madagascar : un gouvernement de refondation pour sortir de la crise
Antananarivo, 28 octobre 2025 — Dix jours après son investiture, le Colonel Michaël Randrianirina, Président de la Refondation de la République de Madagascar, a dévoilé la composition de son nouveau gouvernement. Cette équipe, composée de 29 membres dont 10 femmes, marque une tentative de rupture avec les pratiques antérieures tout en réintégrant certaines figures politiques connues.
Une refondation sous tension
La nomination intervient dans un contexte de crise politique prolongée, où les attentes populaires sont fortes. Le décret gouvernemental n°2025-1114, publié le 28 octobre, officialise les portefeuilles attribués. Le gouvernement se veut porteur d’une nouvelle vision, centrée sur la refondation institutionnelle, la relance économique et la restauration de la confiance citoyenne.
Des profils mixtes : technocrates, anciens caciques et opposantes emblématiques
Parmi les personnalités nommées, on retrouve Maître Hanitra Razafimanantsoa, proche de Marc Ravalomanana, désormais Ministre d’État auprès de la Présidence chargée de la Refondation. Christine Razanamahasoa, ancienne ministre de la Justice et ex-présidente de l’Assemblée nationale, revient également dans un rôle stratégique.
Trois femmes issues de l’opposition ont été placées à des postes clés, illustrant une volonté d’ouverture. Toutefois, la majorité des ministres restent peu connus du grand public, ce qui soulève des interrogations sur leur capacité à gérer les défis complexes du pays.
Défis et perspectives
Le gouvernement Randrianirina devra rapidement faire ses preuves sur plusieurs fronts : réformes institutionnelles, lutte contre la corruption, relance économique et réconciliation nationale. L’absence de figures issues de la société civile ou du secteur privé dans les postes stratégiques pourrait limiter l’élan de transformation attendu.
Ce gouvernement de refondation, bien que porteur d’un discours de rupture, semble naviguer entre renouvellement symbolique et réutilisation tactique des réseaux politiques existants. Sa légitimité se construira dans l’action, la transparence et la capacité à répondre aux urgences sociales et économiques du pays.
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