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Bénin 2026 : l’Évaluation nationale des risques révèle une forte hausse du financement du terrorisme

Par LTC Admin - 14/09/2026
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Bénin 2026  


Le financement du terrorisme en forte hausse


Le jeudi 10 septembre 2026, le Bénin a présenté à Cotonou les résultats de la mise à jour de son Évaluation nationale des risques (ENR) en matière de blanchiment de capitaux, de financement du terrorisme et de financement de la prolifération des armes de destruction massive. Cet exercice, destiné à orienter la Stratégie nationale de LBC/FT/FP 2026-2030, dresse un diagnostic actualisé des vulnérabilités du système financier national. Si le profil global de risque lié au blanchiment de capitaux connaît une amélioration, les conclusions font en revanche état d’une évolution préoccupante de la menace de financement du terrorisme. Pour la première fois, le risque de financement de la prolifération est, quant à lui, évalué à un niveau moyen.


Cette nouvelle appréciation s’inscrit dans un contexte de mutations profondes. Comme l’a rappelé le président de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), Abdou Rafiou Bello, la première évaluation datait de 2018. Or, l’évolution de l’environnement économique, financier, technologique et sécuritaire a rendu nécessaire une actualisation. Les travaux, lancés en décembre 2024, ont élargi le périmètre d’analyse à des menaces émergentes telles que la criminalité environnementale. Après la prévalidation des rapports sectoriels et leur consolidation en ateliers techniques, l’ensemble a été présenté au Comité national de coordination des activités de LBC/FT/FP avant transmission pour validation.


Le diagnostic met en lumière des fragilités structurelles persistantes. Le ministre délégué chargé des Finances et de la Microfinance, Nicolas Yenoussi, a ainsi exhorté les acteurs publics et privés à traduire ces constats en actions concrètes. Parmi les vulnérabilités identifiées figurent l’usage important des espèces, le poids de l’informel, les flux transfrontaliers, la qualité des données, le déficit de transparence ainsi que l’efficacité encore insuffisante des contrôles et des sanctions. Ces facteurs, conjugués à des niveaux de risque résiduel élevés ou très élevés dans certains secteurs, appellent une mobilisation accrue afin de renforcer la résilience du dispositif national.


Cette dynamique s’accompagne de signaux concrets. Le rapport annuel 2025 de la CENTIF fait état d’une hausse des déclarations d’opérations suspectes liées au financement du terrorisme, avec 11 cas recensés contre une absence de signalement en 2023 et 2024. Cette progression peut également traduire une meilleure appropriation du risque par les entités déclarantes, à la suite des actions de sensibilisation et du renforcement du cadre réglementaire. Dans la perspective de la prochaine évaluation mutuelle prévue en 2028, l’Agence nationale de surveillance des systèmes financiers décentralisés a par ailleurs indiqué que la conformité des institutions de microfinance aux obligations de LBC/FT/FP constitue désormais une priorité.


Youssouf AVOCEGAMOU

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