Bénin : au Port de Cotonou, l’AJDMDB salue la dynamique engagée par Romuald Wadagni et dénonce des blocages.
Le Port autonome de Cotonou demeure l’un des maillons essentiels de l’économie béninoise. Dans un contexte marqué par la poursuite des réformes destinées à renforcer la compétitivité du pays et à améliorer son environnement économique, les acteurs de la chaîne portuaire suivent avec attention les évolutions engagées sous la présidence de Romuald Wadagni.
À la tête du Bénin depuis mai 2026, le Chef de l’État s’inscrit dans la continuité des réformes engagées ces dernières années tout en portant de nouvelles orientations pour le développement économique du pays. Les documents officiels du Gouvernement font notamment état de la poursuite de la modernisation de la gouvernance et du renforcement de l’efficacité de l’action publique.
C’est dans ce contexte que Marouf Salami, président de l’Association des Jeunes Déclarants en Douane et Mandataires du Bénin (AJDMDB), tient à saluer la dynamique engagée au sommet de l’État. Pour lui, les efforts consacrés au développement économique et à la modernisation des différents secteurs doivent être encouragés et accompagnés par les professionnels de terrain.
Mais au-delà de cette appréciation positive, le président de l’AJDMDB souhaite également attirer l’attention sur certaines difficultés auxquelles seraient confrontés quotidiennement les professionnels et les opérateurs économiques intervenant dans la chaîne portuaire.
Délais d’attente des camions, difficultés de positionnement des conteneurs, pénalités, frais de gardiennage, cautions et organisation des professionnels constituent ainsi les principaux sujets évoqués par Marouf Salami.
Pour le responsable associatif, les ambitions affichées pour le Port autonome de Cotonou doivent désormais s’accompagner d’un suivi encore plus étroit des opérations afin que les avancées enregistrées puissent bénéficier pleinement aux opérateurs et aux usagers de la plateforme.
Des délais d’attente qui préoccupent les professionnels
Parmi les principales difficultés évoquées par Marouf Salami figure la question des délais d’attente des camions.
Selon le président de l’AJDMDB, certains véhicules destinés à charger des marchandises peuvent patienter plusieurs jours avant même d’accéder à la plateforme portuaire. Une fois à l’intérieur, l’attente pourrait encore se prolonger avant que le chargement ne soit effectué.
Il évoque notamment des situations dans lesquelles les appels destinés à permettre l’entrée des camions doivent être renouvelés plusieurs fois.
« Un camion qui rentre pour charger une marchandise peut faire deux à trois jours avant de rentrer. Une fois à l’intérieur, ce camion peut faire des jours et des semaines avant de charger », explique-t-il.
Pour l’AJDMDB, ces délais sont susceptibles d’avoir des conséquences financières pour les opérateurs et leurs clients, notamment lorsque des pénalités ou d’autres frais continuent de courir pendant les périodes d’attente.
Marouf Salami estime donc qu’un meilleur mécanisme de suivi permettrait de déterminer plus rapidement l’origine des blocages et d’éviter que les conséquences financières des retards ne soient systématiquement supportées par les opérateurs.
Bénin Terminal au cœur des préoccupations
Le président de l’AJDMDB évoque également des difficultés liées au traitement de certains conteneurs au niveau de Bénin Terminal.
Selon ses explications, un opérateur peut avoir accompli les formalités nécessaires et sollicité le positionnement de son conteneur, mais rester dans l’attente du traitement effectif de celui-ci.
Cette situation devient, selon lui, particulièrement préoccupante lorsque le conteneur génère parallèlement des frais supplémentaires liés au stationnement ou au gardiennage.
Pour Marouf Salami, une attention particulière doit donc être accordée à la distinction entre les retards imputables aux opérateurs et ceux qui pourraient résulter du fonctionnement de la chaîne opérationnelle.
Son argument est simple : lorsque le professionnel a accompli les démarches qui lui incombent, il ne devrait pas, selon lui, supporter des charges résultant d’un retard qui ne dépend pas de son intervention.
« Le client ne peut pas payer pour quelque chose qu’il n’a pas fait », soutient-il.
Pénalités, gardiennage et cautions : les coûts supplémentaires en question
Au-delà des délais, l’AJDMDB attire l’attention sur les différents coûts qui peuvent s’ajouter aux opérations.
Marouf Salami cite notamment les pénalités, les frais de gardiennage ainsi que certaines cautions liées aux conteneurs transportant des véhicules.
Selon ses explications, certaines opérations nécessitent le dépôt préalable d’une caution dont le montant peut varier selon la catégorie ou la gamme des véhicules concernés.
La difficulté, explique-t-il, peut apparaître lorsque l’opérateur a effectué les démarches nécessaires mais que le positionnement du conteneur n’intervient pas dans les délais attendus.
Dans ce cas, la période de validité de la caution peut arriver à son terme alors que l’opérateur demeure toujours dans l’attente du traitement de son conteneur.
Pour l’AJDMDB, ces situations doivent faire l’objet d’un meilleur suivi afin que la responsabilité de chaque intervenant puisse être clairement établie.
L’AJDMDB dit avoir saisi les autorités
Face à ces différentes préoccupations, Marouf Salami affirme que l’AJDMDB a engagé des démarches auprès de plusieurs autorités et structures concernées par le fonctionnement de la chaîne portuaire.
Il évoque notamment des échanges avec le ministère de l’Économie et des Finances, l’administration douanière, le Port autonome de Cotonou ainsi qu’avec différents acteurs intervenant dans les opérations.
L’objectif, selon lui, est de faire remonter les difficultés constatées sur le terrain et de contribuer à la recherche de solutions.
Pour le président de l’association, les professionnels ne doivent pas seulement être considérés comme des utilisateurs de la plateforme. Leur expérience quotidienne peut également contribuer à identifier les dysfonctionnements et à proposer des mécanismes susceptibles d’améliorer les opérations.
Une plateforme pour identifier les professionnels
L’autre grande proposition portée par l’AJDMDB concerne l’identification des professionnels intervenant sur la plateforme portuaire.
Marouf Salami souhaite la mise en place d’une plateforme regroupant les informations relatives aux professionnels régulièrement établis dans le secteur.
Le principe serait de disposer d’une base de données permettant de recenser les transitaires mandataires et les autres acteurs autorisés à intervenir dans les différents espaces du port.
Chaque professionnel pourrait, selon cette proposition, disposer d’un badge permettant de l’identifier et de déterminer les espaces auxquels son activité lui donne accès.
Pour l’AJDMDB, un tel dispositif permettrait de mieux organiser les accès et d’améliorer la traçabilité des personnes qui interviennent quotidiennement sur la plateforme.
Une base de données pour mieux assainir le secteur
Au-delà de la simple identification, Marouf Salami estime qu’une base de données actualisée permettrait de disposer d’une meilleure connaissance des professionnels effectivement établis dans le secteur.
L’objectif serait notamment de pouvoir distinguer les acteurs régulièrement enregistrés des personnes qui interviennent de manière ponctuelle.
Une telle organisation pourrait également, selon l’AJDMDB, faciliter le contrôle des accès et renforcer la traçabilité des opérations.
Pour l’association, la mise en place d’un système d’identification clair participerait ainsi à une meilleure organisation du travail et à une plus grande visibilité sur les différents intervenants de la chaîne portuaire.
L’emploi des jeunes Béninois en toile de fond
La question de l’organisation du secteur renvoie également, dans le discours de Marouf Salami, à celle de l’emploi des jeunes.
Le président de l’AJDMDB considère le secteur portuaire comme un espace important d’activités et d’opportunités professionnelles pour la jeunesse béninoise.
Il souhaite donc que les professionnels béninois régulièrement établis puissent exercer leurs activités dans un environnement organisé et clairement défini.
Marouf Salami précise toutefois que cette position ne doit pas être comprise comme une volonté d’exclure les travailleurs étrangers.
Selon lui, l’enjeu est plutôt de disposer d’un système permettant de connaître les différents acteurs présents sur la plateforme, leur statut et les activités qu’ils exercent.
« Une seule main n’applaudit pas »
Malgré les préoccupations soulevées, Marouf Salami insiste sur la nécessité de maintenir le dialogue avec les autorités.
« Une seule main n’applaudit pas », résume le président de l’AJDMDB.
À travers cette formule, il entend rappeler que le développement du Port autonome de Cotonou nécessite la participation de l’ensemble des acteurs de la chaîne.
Pour l’association, les professionnels de terrain doivent pouvoir faire remonter leurs difficultés, mais également participer aux réflexions destinées à améliorer les procédures.
L’AJDMDB se présente ainsi non pas dans une logique d’opposition aux pouvoirs publics, mais comme un acteur souhaitant contribuer à l’amélioration du fonctionnement de la plateforme.
Entre réformes et réalités du terrain
Les préoccupations exprimées par Marouf Salami s’inscrivent dans un contexte plus large de modernisation de l’environnement économique béninois. Les réformes portuaires engagées ces dernières années ont notamment visé à améliorer la fluidité des opérations et la célérité dans l’enlèvement des marchandises.
Pour les professionnels, la modernisation d’un port ne se mesure toutefois pas uniquement à la qualité de ses infrastructures. Elle se traduit également par la fluidité des opérations, la rapidité du traitement des dossiers, la prévisibilité des coûts et la capacité des différents intervenants à résoudre rapidement les difficultés.
C’est précisément sur ces aspects que l’AJDMDB souhaite attirer davantage l’attention.
Un appel à poursuivre la dynamique
Au terme de son intervention, Marouf Salami maintient donc une position qui se veut à la fois reconnaissante et constructive.
Il salue la dynamique impulsée au sommet de l’État et les efforts consacrés à la transformation du pays, tout en estimant que les professionnels doivent être davantage associés au suivi des opérations et à l’identification des difficultés.
Pour l’AJDMDB, le défi consiste désormais à faire en sorte que les ambitions affichées pour le Port autonome de Cotonou se traduisent par une expérience plus fluide pour les opérateurs, les transitaires mandataires, les transporteurs et l’ensemble des acteurs de la chaîne logistique.
Le message de Marouf Salami se résume ainsi en une volonté de voir se poursuivre les réformes, mais aussi de renforcer le dialogue et le suivi de terrain afin que les avancées enregistrées puissent produire leurs effets dans les opérations quotidiennes du Port de Cotonou.
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