Rentrée scolaire au Bénin
Les couturiers débordés par la confection des uniformes
À l’approche de la rentrée scolaire, un même constat s’impose dans toutes les communes du Bénin : les ateliers de couture croulent sous les commandes. Dans les écoles publiques, c’est le kaki qui domine. Dans les établissements privés, les parents affluent avec des tissus de couleurs variées imposées par chaque école. Dès lors, les couturiers, pris dans un afflux massif et concentré sur quelques semaines, peinent à honorer les délais tout en préservant la qualité du travail.
Le phénomène atteint une intensité particulière à Porto-Novo. Là, certains professionnels, débordés et bousculés par la pression des clients, n’hésitent pas à fuir momentanément leurs ateliers. Pour autant, la crainte de perdre une clientèle captive les conduit à continuer d’accepter les commandes, malgré un surpoids de travail manifestement insoutenable. Ainsi, entre rendez-vous repoussés, retouches précipitées et nuits rallongées, la période devient pour eux une véritable course contre la montre.
Au-delà de l’agitation des ateliers, cette réalité révèle une dimension plus structurelle. Car la généralisation de l’uniforme, voulu comme un facteur d’égalité et de discipline, concentre l’ensemble de la demande sur une période très courte. En conséquence, le secteur de la couture, pourtant essentiel à l’économie locale, se retrouve saturé chaque année au même moment. En clair, si la tenue scolaire demeure un symbole fort de la rentrée, elle met également en lumière la nécessité d’anticiper et de mieux répartir la production afin de soulager les artisans et garantir aux élèves des tenues prêtes à temps.
Youssouf AVOCEGAMOU
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