Le décret n°2026-107 du 11 mars 2026, signé par le président Patrice Talon et deux membres du gouvernement, établit désormais l’ordre protocolaire officiel au Bénin. Ce texte fixe la hiérarchie des 68 personnalités de la République, allant du sommet de l’État jusqu’aux autorités locales, telles que les chefs de quartiers et de villages.
Derrière son apparente technicité, ce décret de préséance porte une charge politique importante. Il trace une ligne claire entre les institutions, détermine les rangs et encadre les interactions lors des cérémonies publiques. Chaque position devient un symbole : qui gagne en visibilité, qui recule d’un rang. Dans un système où l’image compte, l’ordre protocolaire devient un instrument discret de lecture du pouvoir réel.
Le président de la République ouvre la marche, tandis que les autorités locales ferment la liste. Entre ces deux extrêmes, toute la mécanique institutionnelle se déploie. Ce texte s’inscrit dans une logique de discipline et d’équilibre, mais il suscite aussi des interrogations : derrière chaque rang se cache une reconnaissance, parfois une frustration silencieuse
Au-delà de son aspect protocolaire, ce décret est une photographie du pouvoir à un instant donné. Il fige l’ordre institutionnel, mais il révèle aussi les rapports de force et la volonté de l’État de consolider ses repères. En fixant la préséance, le gouvernement affirme une vision d’ordre et de stabilité, tout en laissant transparaître les subtilités du jeu politique
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