Au Burkina Faso, une mesure singulière attire l’attention : les citoyens qui ne s’acquittent pas de leurs factures d’eau sont invités à participer au nettoyage des rues. Une initiative qui se veut à la fois punitive et éducative, mais qui suscite un débat sur la pertinence de lier la gestion des services publics à des actions de civisme collectif.
L’objectif affiché est clair : responsabiliser les usagers et rappeler que l’accès à l’eau, ressource vitale, ne peut être dissocié du devoir de paiement. En contrepartie, le balayage des rues est présenté comme une alternative permettant de contribuer à la communauté, tout en rappelant que la solidarité et l’ordre public sont des valeurs cardinales.
Pour les autorités, cette mesure est une manière de renforcer la discipline sociale et de lutter contre l’incivisme. Elle traduit aussi une volonté de rapprocher les citoyens de la gestion quotidienne de leur environnement. Mais pour certains observateurs, elle soulève des interrogations : ne risque-t-elle pas de banaliser le non-paiement des factures en offrant une échappatoire ? Ne faudrait-il pas plutôt renforcer la transparence et l’efficacité du service public pour inciter au paiement volontaire ?
Au-delà de la polémique, cette initiative illustre une tendance croissante en Afrique : associer les obligations individuelles à des actions communautaires. Elle met en lumière la recherche d’un équilibre entre sanction et pédagogie, dans un contexte où l’État doit à la fois garantir l’accès aux services essentiels et promouvoir le civisme.
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