Le gouvernement burkinabè a annoncé une augmentation du prix du litre de gasoil, désormais fixé à 750 FCFA, soit une hausse de 75 FCFA par rapport au tarif précédent. Cette décision a été expliquée par Abdou-Salam Gampené, secrétaire général de la Primature et président du Comité interministériel de détermination des prix des hydrocarbures. Selon lui, le prix avait été maintenu artificiellement à 675 FCFA afin de préserver le pouvoir d’achat des consommateurs, malgré l’évolution du coût réel du produit sur le marché international.
Le responsable a rappelé que ce tarif statique reposait sur une politique de stabilité des prix, rendue possible par des mécanismes de subvention. Mais le contexte actuel ne permet plus de maintenir durablement ce niveau. En effet, le prix réel du litre de gasoil aurait atteint jusqu’à 1 050 FCFA, l’écart étant compensé par l’État. Cette politique a lourdement pesé sur les finances publiques : en six mois, les moins-values liées aux subventions ont atteint 60 milliards de FCFA, et si rien n’était fait, ce chiffre aurait pu dépasser 135 milliards d’ici la fin de l’année.
Le gouvernement justifie également cette hausse par des facteurs internationaux : la flambée des hydrocarbures sur les marchés mondiaux, les conséquences des conflits au Moyen-Orient et la revalorisation du dollar face au franc CFA. À cela s’ajoute un phénomène préoccupant : la réexportation. Le prix relativement bas du gasoil au Burkina Faso par rapport à certains pays voisins aurait favorisé des achats massifs par des usagers étrangers. Abdou-Salam Gampené évoque une différence de plus de 200 millions de litres entre la consommation attendue et les volumes réellement enregistrés, représentant un coût supplémentaire estimé à 70 milliards de FCFA.
Avec ce réajustement à 750 FCFA le litre, les autorités entendent réduire le poids de la subvention, limiter les effets du différentiel de prix avec les pays voisins et stabiliser la consommation nationale. Le gouvernement appelle enfin les consommateurs à comprendre cette mesure, présentée comme une nécessité dictée par l’évolution du marché international et par le coût croissant du soutien public aux hydrocarbures.
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