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Charbon de bois au Bénin : pourquoi l’approvisionnement devient difficile et les prix sous pression

Par LTC Admin - 17/09/2026
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Charbon de bois au Bénin : pourquoi l’approvisionnement devient difficile et les prix sous pression


Cotonou — Le charbon de bois, combustible encore largement utilisé dans les ménages béninois, fait face à des tensions d’approvisionnement qui se ressentent sur le terrain. Dans plusieurs points de vente, les consommateurs constatent une disponibilité moins régulière du produit et une pression sur les prix. Derrière cette situation se trouve une combinaison de facteurs liés à la production, au transport, aux conditions météorologiques et au renforcement de la réglementation de la filière.


Une ressource devenue plus difficile à acheminer


L’une des principales contraintes concerne le transport du bois-énergie. Depuis janvier 2025, la circulation du charbon de bois et du bois de feu est soumise à des conditions particulières fixées par l’administration forestière. Les transporteurs doivent notamment disposer d’un titre de transport et s’acquitter des taxes et redevances prévues par la réglementation.


Pour le charbon de bois, cette redevance est fixée à 630 francs CFA par sac. Les quantités pouvant être transportées sont également encadrées selon le type de véhicule utilisé. Une bâchée 404 peut transporter au maximum 30 sacs, un camion de 15 tonnes jusqu’à 220 sacs et un titan jusqu’à 500 sacs.


Ces dispositions visent notamment à assurer une meilleure traçabilité des produits forestiers et à renforcer le contrôle de l’exploitation des ressources. Mais elles constituent également un élément du coût de la chaîne d’approvisionnement, coût qui peut progressivement se répercuter sur le prix payé par le consommateur.


La saison des pluies complique également la production


La période pluvieuse constitue un autre facteur à prendre en compte. La production traditionnelle de charbon nécessite plusieurs opérations, depuis l’abattage et le séchage du bois jusqu’à la carbonisation, au stockage et au transport.


Lorsque les conditions météorologiques deviennent moins favorables, les opérations peuvent être plus difficiles et l'acheminement vers les centres urbains plus contraignant. Historiquement, les données disponibles sur la filière montrent d'ailleurs une variation saisonnière du prix du charbon, avec des niveaux plus élevés observés durant la saison pluvieuse dans certaines zones.


Cette réalité saisonnière peut donc contribuer à réduire momentanément l'offre disponible sur certains marchés, particulièrement lorsque la demande reste élevée.


Des prix qui témoignent d'une pression sur le marché


Les références officielles disponibles permettent de mesurer une partie de l'évolution des prix. Le répertoire électronique des prix du ministère de l'Économie et des Finances affiche actuellement, pour un sac de charbon de 100 kg, un prix inférieur de 7 280 FCFA et un prix supérieur de 9 750 FCFA. Ces montants constituent des références du répertoire et ne doivent pas être assimilés automatiquement au prix effectivement pratiqué par chaque détaillant dans les marchés de Cotonou.


L'écart entre les différents points de vente peut notamment s'expliquer par les coûts de transport, la distance séparant les zones de production des centres de consommation, la qualité du charbon, les marges des différents intermédiaires et le niveau de disponibilité du produit.


Une demande toujours importante des ménages


La situation est d'autant plus sensible que le charbon demeure un combustible important pour de nombreuses familles. Dans les quartiers urbains comme dans plusieurs localités rurales, il reste utilisé quotidiennement pour la préparation des repas.


Cette forte demande intervient dans un contexte où les pouvoirs publics cherchent parallèlement à mieux protéger les ressources forestières et à encadrer l'exploitation du bois-énergie. L'enjeu consiste donc à assurer l'approvisionnement des ménages tout en limitant la pression exercée sur les forêts.


Cotonou face à la réorganisation de la filière


Dans la capitale économique, la filière connaît également des changements liés à l'aménagement urbain. En janvier 2026, le gouvernement a annoncé la construction d'un nouveau marché consacré au charbon et aux produits de la pharmacopée, après le déplacement des commerçantes de charbon installées à Gbégamey dans le cadre des travaux d'assainissement pluvial de Cotonou.


Cette réorganisation vise notamment à offrir de meilleures conditions d'exercice aux commerçantes et à encadrer durablement cette activité. Elle intervient dans un contexte où l'approvisionnement des grands centres urbains dépend fortement des circuits reliant les zones de production aux marchés de consommation.


Entre protection de l'environnement et pouvoir d'achat


La question du charbon dépasse ainsi le simple problème de disponibilité dans les marchés. Elle se situe au croisement de plusieurs enjeux : protection des forêts, réglementation de l'exploitation du bois, conditions de travail des producteurs et commerçants, coût du transport et pouvoir d'achat des ménages.


Pour les consommateurs, toute diminution de l'offre peut rapidement se traduire par une augmentation du prix d'achat. Pour les autorités, le défi consiste à mieux contrôler une ressource dont l'exploitation doit rester compatible avec les objectifs de préservation des écosystèmes.


À ce stade, les données officielles consultées ne permettent pas de parler d'une pénurie nationale généralisée du charbon de bois au Bénin. Elles montrent cependant que la filière est soumise à plusieurs contraintes susceptibles de créer des tensions locales sur l'approvisionnement et les prix.


La situation actuelle rappelle surtout la dépendance encore importante de nombreux ménages à ce combustible et la nécessité de poursuivre le développement de solutions de cuisson alternatives, accessibles et adaptées au pouvoir d'achat des populations.

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