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Christophe Soglo (1909–1983) : 42 ans après, l’empreinte d’un arbitre militaire dans l’histoire du Dahomey

Par LTC Admin - 09/10/2025
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*07 octobre 1983-07 octobre 2025*


*42 ans déjà, disparaissait le Gal Christophe Soglo*


*_Le 7 octobre 1983, disparaissait à Cotonou une figure marquante et controversée de l’histoire du Dahomey (aujourd’hui Bénin). Dans l’ombre des grands politiciens civils de l’époque, le général Christophe Soglo s’imposa à deux reprises sur la scène nationale, entre coup d’État « préventifs » et tentatives de restauration du pouvoir constitutionnel._



Né le 28 juin 1909 à Abomey, dans une famille de chefferie fon, Christophe Soglo s’engage tôt dans la carrière militaire au service de l’Armée coloniale française. Il combat dans divers théâtres d’opération, notamment durant la Seconde Guerre mondiale, avant de rejoindre les rangs de l’armée nationale à l’indépendance du Dahomey. En poste de confiance auprès du président Maga, il joue un rôle clé dans la structuration et l’organisation des forces armées du pays.


Décoré en France (Chevalier puis Officier puis Grand-Croix de la Légion d’honneur) et honoré dans son pays (Commandeur et Grand-Croix de l’ordre national du Dahomey), Soglo accumule tant de titres que parfois la distinction entre l’homme militaire et l’homme d’État s’estompe.


*L’entrée sur le devant de la scène politique — octobre 1963*


Le Dahomey de l’indépendance est un pays fragile, tiraillé par les rivalités régionales (Nord / Sud / Centre), par les ambitions de ses dirigeants (Maga, Apithy, Ahomadégbé) et par des crises économiques profondes. En octobre 1963, alors que les tensions sociales et les protestations s’accroissent, Soglo opère un coup d’État le 28 octobre, en tant que chef d’état-major. Il dissout l’Assemblée, limoge le gouvernement, suspend la Constitution — non pas pour s’installer durablement, mais, le dit-on, pour éviter une guerre civile imminente entre factions.


Dans les jours qui suivent, il met en accusation le gouvernement de Maga : « le luxe des gouvernants, l’augmentation des portefeuilles ministériels, des promesses non tenues, l’envolée du coût de la vie » figurent parmi les griefs formulés par son Comité révolutionnaire populaire. Maga finit par démissionner, et Soglo nomme un gouvernement provisoire.


Dès le 5 janvier 1964, un nouveau texte constitutionnel est adopté par référendum, et Soglo accepte de rendre le pouvoir à un exécutif civil dirigé par Sourou Migan Apithy. Il affirme ainsi être garant d’une transition contrôlée.


*Le retour — décembre 1965 à décembre 1967*


Le régime civil ne dure pas. Le Dahomey sombre de nouveau dans l’impasse politique : les antagonismes entre Apithy, Ahomadégbé et d’autres rumeurs de manœuvres parasitent toute action gouvernementale. Le 22 décembre 1965, le général Soglo reprend la main, dissout l’Assemblée nationale, et met fin aux partis politiques.


Dans l’allocution radiodiffusée qui accompagne son action, il déclare : « le spectacle des luttes des responsables politiques »


Il rappelle aussi que son gouvernement restera fidèle aux engagements internationaux du Dahomey (Conseil de l’Entente, OCAM, OUA).


Mais la stabilité ne suit pas. En décembre 1967, une faction de jeunes officiers (notamment le commandant Maurice Kouandété) le renverse : le 17 décembre, Soglo est écarté du pouvoir. Il se retire alors progressivement de la scène politique.


*Héritage, postérité et décès*


Après 1967, Christophe Soglo n’exerce plus de rôle politique significatif. Le Bénin entre dans une phase marquée par une série de coups d’État jusqu’en 1972, puis un régime militaro-marxiste jusqu’en 1990. En 1983, le général meurt dans un monde politique transformé, presque oublié par certains, mais resté présent dans les mémoires de ceux qui ont vécu ses jours de turbulence.


Ce qui reste de Soglo, c’est un homme de l’ambiguïté : militaire d’autorité, mais parfois promu comme restaurateur de l’ordre ; intervenant aux marges de la politique, mais à l’origine de décisions qui réorientèrent le Dahomey. Il a incarné la tentation de la gouvernance militaire — ni tout à fait dictateur, ni tout à fait arbitre — dans un contexte de fragilité institutionnelle extrême.



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