*Nouveau regard du monde*
*Avec l’UA, la France adopte une carte du monde sans triche*
*_La France change de repères. Le vendredi 04 septembre 2026, depuis la Sorbonne Nouvelle, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé le soutien de Paris à une proposition de résolution portée par le Togo et l’Union africaine. Adoptée le même jour à la quasi-unanimité par l’Assemblée générale de l’ONU, cette résolution non contraignante appelle les États et les organisations internationales à privilégier des représentations cartographiques plus fidèles aux superficies réelles, à l’image de la projection Equal Earth.*_
L’ambition est de rééquilibrer la vision du monde et de corriger les distorsions qui pénalisent l’Afrique. « Changer de carte ne change évidemment pas le monde. Mais corriger une représentation qui le déforme, c'est déjà faire œuvre de vérité », a déclaré le ministre Jean-Noël Barrot.
Concrètement, Paris tourne le dos à la projection Mercator. Conçue au XVIe siècle par le géographe Gerardus Mercator pour la navigation maritime, cette carte agrandit artificiellement les pays proches des pôles et rétrécit ceux de l’équateur. Résultat : les perceptions s’en trouvent faussées. « Le Groenland semble presque aussi vaste que l’Afrique, alors que l’Afrique est en réalité environ quatorze fois plus grande », a souligné Jean-Noël Barrot. Il a ajouté que « les États-Unis, la Russie, la Chine prennent une importance visuelle démesurée par rapport à l’Afrique, l’Amérique latine ou à l’Asie du Sud-Est». Dès lors, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères abandonne Mercator dans ses usages diplomatiques. Sur son site, le Quai d’Orsay met déjà en avant la projection Eckert IV, proche d’Equal Earth et conforme aux recommandations des cartographes et des scientifiques.
Au-delà du geste technique, cette décision s’inscrit dans la volonté de Paris de renouveler ses relations avec les pays et les sociétés africaines. Pour le ministre, elle incarne une lecture des relations internationales qui refuse les oppositions simplistes entre un «prétendu Sud global » et un « Occident collectif », ou le discours d’un déclin inéluctable de l’Europe. Reste que des zones d’ombre persistent. Le changement est-il déjà effectif pour toutes les publications ? Quelle carte sera utilisée pour le grand public, alors que certaines cartes du ministère affichent encore Mercator? Sollicité par franceinfo, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères n’a pas répondu dans l’immédiat.
*Youssouf TOUDONOU*
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