Le triomphe de l’Espagne à la Coupe du Monde de la FIFA 2026, organisée aux États‑Unis, risque de laisser un goût amer. Alors que la Roja a empoché 51 millions de dollars de gains, primes et indemnités de participation, le fisc américain (IRS) s’apprête à en prélever une part substantielle. En vertu de la législation fiscale fédérale, tout revenu généré sur le sol américain est soumis à l’impôt sur le revenu, ce qui inclut les joueurs, les entraîneurs, le personnel technique et même les arbitres.
Selon les experts, l’Espagne pourrait perdre près de la moitié de cette somme au profit de Washington. Une situation qui suscite l’indignation et relance le débat sur la fiscalité sportive internationale. Car si l’on comprend que les États‑Unis cherchent à appliquer leur loi, la pratique apparaît disproportionnée et met en lumière une forme de « captation fiscale » qui fragilise l’équité entre nations.
Au‑delà du cas espagnol, c’est l’ensemble du modèle économique des compétitions sportives mondiales qui est questionné. Les fédérations et les équipes nationales investissent des ressources considérables pour participer à ces événements, dans l’espoir de retombées financières et médiatiques. Voir une part importante de ces revenus absorbée par un système fiscal étranger soulève des interrogations sur la souveraineté économique des États et sur la justice des règles appliquées.
Cette situation illustre aussi l’asymétrie de pouvoir entre les grandes puissances organisatrices et les nations participantes. Les États‑Unis, en accueillant la Coupe du Monde, imposent leur cadre juridique sans tenir compte des spécificités des autres pays. Une telle pratique pourrait décourager certains États de s’engager dans de futures compétitions, ou pousser les instances internationales à revoir les modalités fiscales des grands événements sportifs.
En définitive, la victoire de l’Espagne sur le terrain se double d’une défaite dans les coulisses financières. L’affaire met en lumière la nécessité d’une réflexion globale sur la fiscalité du sport international, afin que les gains des compétitions ne soient pas confisqués par des pratiques jugées abusives. Le football, censé être un vecteur de passion et de rassemblement, ne devrait pas devenir un terrain d’injustice fiscale.
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