IMG-LOGO
Accueil Actualités Débat sur le Sénat : Victor Topanou entre vigilance et scepticisme
Actualités

Débat sur le Sénat : Victor Topanou entre vigilance et scepticisme

Par LTC Admin - 20/05/2026
IMG

Alors que la mise en place du Sénat, prévue par la nouvelle Constitution, suscite de vifs débats au Bénin, le professeur Victor Topanou apporte un regard critique mais pragmatique sur la question. L’universitaire refuse de condamner ceux qui s’inquiètent des prérogatives de cette nouvelle institution, estimant que leur vigilance est non seulement légitime mais nécessaire.


Pour l’enseignant-chercheur, les craintes exprimées par la classe politique et la société civile face aux compétences attribuées à cette chambre haute méritent d’être entendues. Il admet sans détour qu’« il y a des dispositions dans cette nouvelle constitution qui d’une manière ou d’une autre peuvent interpeller, peuvent ne pas rassurer ». Loin de fustiger les critiques qui voient dans le Sénat un outil potentiel de contrôle ou de blocage, il prend la défense des observateurs : « Il est de la nature de certaines personnes de servir d’alerte et quand ils sont dans leur rôle, il n’y a aucune raison de les en critiquer. »


Cependant, là où beaucoup redoutent une machine de guerre politique, Victor Topanou mise plutôt sur l’inefficacité pratique des textes. Selon lui, la configuration politique du pays et la diversité des profils appelés à siéger rendront l’institution largement impuissante lorsqu’il s’agira de prendre des mesures coercitives ou d’afficher une unanimité de façade. « Je reste convaincu qu’il y a des dispositions qui seront plutôt inapplicables », confie-t-il.


Pour justifier son scepticisme, il s’appuie sur une lecture des forces politiques en présence : « Je ne vois pas par exemple le président Soglo, le président Yayi, le président Holo, le président Amoussou, le président Nago, le président Idji se mettre ensemble pour dire on va sanctionner tel acteur parce qu’il a tenu tel propos. Je pense que ça serait difficilement réalisable. »


L’universitaire rappelle enfin que l’histoire constitutionnelle regorge de lois votées par les hommes mais que ces derniers n’ont jamais été « en capacité d’appliquer ». Le Sénat béninois pourrait bien, selon lui, hériter de cette même impuissance pratique, transformant les craintes actuelles en simples inquiétudes théoriques.

Tags:

Anciens commentaires



Laisser un commentaire

Les champs obligatoires sont indiqués avec *