Bénin : Wilfried Léandre Houngbédji clarifie le rôle des six pôles de développement territorial
Développement territorial : le gouvernement écarte l’idée d’un nouvel échelon de décentralisation
La mise en place des six pôles de développement territorial continue de susciter des interrogations au Bénin. Face aux préoccupations exprimées autour de cette réforme, le ministre porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, apporte des clarifications. L’objectif, assure-t-il, n’est pas de créer un nouvel échelon administratif, mais de renforcer le développement économique des territoires, de valoriser leurs potentialités et de rapprocher les opportunités des populations.
Dans les explications rapportées par La Nation dans son édition du 14 octobre 2026, le porte-parole du gouvernement insiste sur la vocation essentiellement économique de cette initiative. « Il ne s’agit pas d’une nouvelle réforme de la décentralisation », précise-t-il, avant de souligner qu’il ne s’agit pas non plus d’« un niveau supplémentaire de la décentralisation ».
Cette clarification vise à dissiper les confusions autour d’un dispositif qui entend réorganiser l’action publique autour des complémentarités économiques entre les territoires.
Une réforme à vocation économique, et non administrative
Pour les autorités béninoises, l’opérationnalisation des six pôles de développement territorial doit permettre de mieux exploiter les ressources et les avantages propres aux différentes régions du pays. L’ambition est de faire du potentiel économique de chaque territoire un véritable levier de création de richesses, d’emplois et d’amélioration des conditions de vie.
« Cette réforme est essentiellement économique et vise à apporter le développement au plus près des populations », explique Wilfried Léandre Houngbédji.
À travers cette orientation, le gouvernement entend encourager une répartition plus équilibrée des investissements et des activités productives. Il s’agit notamment de réduire les disparités territoriales, de rapprocher les services sociaux des citoyens et de favoriser l’émergence de nouvelles possibilités d’emploi, particulièrement pour les jeunes.
Cette approche vise également à limiter la concentration des opportunités dans les grands centres urbains, en donnant davantage de visibilité aux potentialités agricoles, industrielles, touristiques et technologiques des autres régions.
Six pôles pour valoriser les potentialités des territoires
La réforme a pris une nouvelle dimension à la suite du Conseil des ministres du mercredi 7 octobre 2026, qui a décidé de la création et de l’organisation des six pôles de développement territorial.
Le dispositif prévoit le regroupement des communes en six ensembles territoriaux : le pôle Nord-Est, composé de 14 communes ; le Nord-Ouest, qui en compte 13 ; le Centre, avec 15 communes ; le Sud-Est, avec 12 communes ; le Sud-Ouest, qui en rassemble 18 ; et le Grand-Nokoué, constitué de cinq communes.
À travers cette organisation, l’objectif affiché est de favoriser les complémentarités entre les territoires, sans remettre en cause les particularités locales. Chaque pôle devra ainsi contribuer à une meilleure valorisation des ressources disponibles et à l’identification des activités économiques susceptibles de stimuler les investissements.
Quatre domaines transversaux sont notamment appelés à guider cette dynamique : l’agriculture, le tourisme, l’industrie et l’innovation. Ces secteurs doivent servir de leviers pour développer les filières porteuses, favoriser l’implantation d’activités productives et renforcer l’attractivité des territoires.
L’enjeu est donc de dépasser une approche exclusivement administrative du développement pour privilégier une logique de coopération économique et de mobilisation des potentialités locales.
Un calendrier de mise en œuvre étalé jusqu’en décembre 2027
L’opérationnalisation des six pôles doit se dérouler en quatre phases, d’octobre 2026 à décembre 2027.
La première phase, prévue d’octobre à décembre 2026, sera consacrée à la mise en place des mécanismes de gouvernance. Elle prévoit notamment la désignation des délégués généraux des pôles, l’installation du comité national et des équipes d’experts, ainsi que la réalisation d’un diagnostic territorial et d’une cartographie des potentialités.
De janvier à mars 2027, la deuxième phase portera sur l’identification des filières économiques porteuses, l’analyse des besoins, la définition des facteurs d’attractivité et la constitution d’un portefeuille de projets assorti de mesures incitatives.
La troisième étape, prévue d’avril à juin 2027, devra permettre d’élaborer une feuille de route précisant les actions prioritaires, les contributions attendues et les responsabilités des différents acteurs impliqués.
Enfin, de juillet à décembre 2027, la quatrième phase sera consacrée au déploiement des projets prioritaires et à la mise en place du mécanisme de suivi-évaluation.
Le pilotage de l’ensemble du dispositif sera assuré par un comité national présidé par le Chef de l’État, avec des délégations chargées de coordonner les actions propres à chaque pôle.
Une dynamique appelée à renforcer les actions déjà engagées
Pour Wilfried Léandre Houngbédji, cette réforme s’inscrit dans la continuité des efforts de développement déjà entrepris par le gouvernement. « Cette dynamique était déjà engagée lors des années passées. Il va maintenant falloir l’amplifier », souligne-t-il.
Les investissements dans les infrastructures, la promotion de l’activité économique et les initiatives destinées à attirer les investisseurs doivent ainsi servir de socle à une intervention publique davantage coordonnée et adaptée aux réalités territoriales.
La nouvelle organisation ambitionne donc de renforcer la cohérence des actions de développement, en favorisant une meilleure articulation entre les besoins des communes, les ressources disponibles et les priorités économiques propres à chaque ensemble territorial.
Toutefois, la réussite de cette réforme dépendra de sa capacité à produire des résultats concrets au-delà des mécanismes institutionnels annoncés.
Des résultats concrets attendus par les populations
Si le gouvernement entend faire des six pôles un instrument de rééquilibrage économique, les populations attendent avant tout des améliorations tangibles de leurs conditions de vie. L’accès aux infrastructures routières, aux services de santé et d’éducation, le développement des activités productives et la création d’emplois figurent parmi les attentes majeures.
La mise en œuvre effective des projets, la mobilisation des investissements et la coordination entre les différents acteurs seront donc déterminantes pour transformer les ambitions affichées en résultats mesurables.
En clarifiant que les six pôles de développement territorial ne constituent pas un nouvel échelon de décentralisation, Wilfried Léandre Houngbédji entend recentrer le débat sur la finalité économique de la réforme. Reste désormais à traduire cette ambition en opportunités concrètes pour les territoires et leurs habitants.
Christ-Paterne HOUNHOUENOU
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