Dissolution surprise de l’Assemblée nationale malgache : Andry Rajoelina réagit depuis l’exil
Le président malgache Andry Rajoelina, exfiltré du territoire par un avion militaire français, a annoncé ce mardi 14 octobre 2025 la dissolution de l’Assemblée nationale. La décision a été rendue publique via un décret diffusé sur la page Facebook officielle de la présidence, alors que les députés s’apprêtaient à engager une procédure de destitution pour « abandon de poste ».
Cette annonce intervient dans un contexte de tension extrême entre le palais d’Iavoloha et le Parlement. Depuis plusieurs jours, les élus, soutenus par une partie de la population et des militaires dissidents, avaient prévu de se réunir pour enclencher la procédure visant à démettre le chef de l’État, absent du pays depuis deux semaines. Mais avant même l’ouverture des débats, le président a pris les devants en dissolvant l’Assemblée, accentuant la crise politique qui secoue Madagascar.
Des juristes malgaches s’interrogent sur la légalité de cette manœuvre. Certains estiment qu’elle pourrait contrevenir à l’esprit de la Constitution, notamment si elle vise à entraver une procédure de destitution légitime.
Une allocution depuis un lieu tenu secret
La veille, lundi 13 octobre, Andry Rajoelina est apparu dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Sobrement vêtu, le visage fermé, il a appelé les citoyens à « respecter la Constitution », rejetant les appels à sa démission portés par un mouvement de contestation mené par la jeunesse malgache. L’allocution n’a pas été relayée par la télévision nationale, et aucun détail n’a été fourni sur le lieu depuis lequel le président s’exprimait.
Selon des informations obtenues par RFI, le président aurait été exfiltré dans la nuit du 12 octobre par un avion militaire français, avec l’accord du président Emmanuel Macron. Il aurait été conduit dans un premier lieu non précisé, avant de rejoindre une destination encore confidentielle, accompagné de sa famille.
Dans sa vidéo, Andry Rajoelina a justifié son absence prolongée par une tentative de coup d’État survenue dès le 25 septembre, évoquant un projet d’assassinat au palais présidentiel. Il affirme s’être « mis en lieu sûr » pour garantir sa sécurité.
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