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Entre attractivité et obstacles : le Bénin face aux enjeux de son climat des affaires

Par LTC Admin - 08/05/2026
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*Climat des affaires au Bénin* 


*Un environnement «assez favorable » mais perfectible*


*_Salué pour ses réformes et la ZI de Glo-Djigbé, le climat des affaires au Bénin reste « assez favorable » mais bute encore sur le foncier, l’énergie et le financement des PME._*


Le climat des affaires au Bénin est jugé «assez favorable » par la plupart des opérateurs économiques et des institutions partenaires, mais il reste perfectible pour libérer tout le potentiel d’investissement. Depuis 2016, le pays a engagé des réformes majeures : création d’entreprises en 24 heures via le Guichet unique de formalisation des entreprises, dématérialisation des procédures fiscales et douanières, adoption du Code des investissements révisé et mise en place de tribunaux de commerce pour accélérer le règlement des litiges. Ces mesures, saluées par la Banque mondiale et la BAD, ont fait gagner au Bénin plusieurs places dans les classements d’attractivité régionaux. La Zone industrielle de Glo-Djigbé, opérationnelle depuis 2022, illustre cette dynamique avec plus de 1.400 milliards FCFA d’investissements annoncés et des milliers d’emplois créés dans le textile, l’agro-industrie et la transformation du bois.


*Les atouts sont réels*


Stabilité politique, position géographique de corridor vers l’hinterland, modernisation du Port de Cotonou et du corridor routier vers le Niger et le Burkina Faso, fiscalité incitative dans les zones économiques spéciales et disponibilité d’une main-d’œuvre jeune. Les secteurs du numérique, de l’agro-business, du tourisme et de l’énergie renouvelable attirent de nouveaux porteurs de projets, nationaux comme étrangers. L’État mise aussi sur les Partenariats public-privé pour financer les infrastructures et sur l’Agence de promotion des investissements et des exportations pour accompagner les investisseurs.


*Les défis persistent néanmoins.*


Les chefs d’entreprises pointent la persistance de lourdeurs administratives hors des guichets digitalisés, l’accès encore difficile au foncier sécurisé, le coût de l’énergie et les délais de raccordement, malgré les efforts de la SBEE. Le financement des PME reste un goulot d’étranglement : garanties exigées par les banques, taux d’intérêt élevés et faible maturité du capital-risque. La concurrence déloyale du secteur informel et les tracasseries sur certains axes routiers freinent aussi la compétitivité. Sur le plan judiciaire, si les tribunaux de commerce réduisent les délais, l’exécution des décisions de justice demeure un point d’attention pour les investisseurs.


Pour passer d’un environnement « assez favorable » à « pleinement attractif », les acteurs privés appellent à accélérer la digitalisation complète de l’administration, à simplifier l’accès au foncier industriel et agricole, à poursuivre la baisse du coût de l’énergie et à renforcer la prévisibilité fiscale. Le dialogue public-privé, déjà structuré autour du Conseil présidentiel de l’investissement, doit se traduire par des réponses opérationnelles plus rapides sur le terrain. La sécurisation des investissements dans les zones frontalières et la lutte contre la corruption sont également citées comme priorités.


Le Bénin dispose des fondamentaux pour devenir un hub régional. L’enjeu des prochaines années sera de consolider les acquis, corriger les faiblesses résiduelles et aligner l’administration sur le rythme des investisseurs. Un climat des affaires amélioré conditionne la création d’emplois, la diversification économique et la transformation locale des matières premières, piliers de la croissance durable visée par le pays. 


*Youssouf TOUDONOU*

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