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Fête de l’igname au Bénin : entre traditions, agriculture et patrimoine culturel

Par LTC Admin - 28/09/2026
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Temps de l'igname au Bénin 


Des terroirs du Centre-Nord aux fêtes rituelles des peuples


Au Bénin, l'igname (Dioscorea), deuxième culture vivrière du pays, occupe une place singulière à la croisée de l'économie et du sacré. En effet, au-delà de sa valeur nutritive comme source essentielle d'hydrates de carbone et de sa fonction de culture de rente aux revenus prévisibles, elle incarne une véritable civilisation agraire.


Sa production, du reste, se concentre dans les terroirs du Centre et du Nord : les Collines — avec Savalou et Dassa comme bastions historiques —, le Borgou, la Donga, l'Atacora, l'Alibori, ainsi que le Zou et le Plateau. Traditionnellement cultivée en tête de rotation après défrichement de jachères arborées, elle se prête admirablement à la polyculture avec le maïs, le manioc ou le piment. Cependant, cette rusticité apparente masque de réelles exigences : sols riches et fertiles, investissement conséquent en tubercules-semences, vulnérabilité face au raccourcissement des jachères, à la déforestation et aux avaries de conservation.


Or, c'est précisément cette alliance de générosité et d'exigence qui fonde sa dimension cultuelle. Car dans la société béninoise, l'igname n'est pas un simple produit agricole : elle est une entité vivante, liée aux ancêtres et aux forces telluriques. Dès lors, sa consommation est précédée de rites de prémices, au cours desquels les premiers tubercules sont offerts aux divinités avant tout usage profane, afin de garantir fécondité, prospérité et cohésion communautaire.


Par ailleurs, cet aspect culturel s'exprime à travers un calendrier rituel propre à chaque communauté. Ainsi, si la célébration du 15 août à Savalou, en pays Mahi, a acquis une envergure nationale — drainant autorités, dignitaires traditionnels, diaspora et festivaliers autour de libations, danses patrimoniales et dégustations solennelles —, elle n'épuise pas la richesse du phénomène. En effet, dans d'autres cités du Bénin, notamment en pays Bariba, Ditamari, Nago ou Fon, la Fête de la nouvelle igname se tient à des dates choisies selon les autochtones, en fonction des cycles agraires, des oracles et des traditions locales.


De Savalou aux terroirs les plus reculés, l'igname demeure à la fois grenier du corps et sanctuaire de l'esprit, ciment vivant de l'identité béninoise.


Seth Évariste HODONOU

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