FILAB 4 - Cafés Littéraires de Porto-Novo
Carmen Toudonou accueillie en star
C'est une véritable consécration que les Cafés littéraires de la 4ème édition du Forum International du Livre et des Arts Assimilés du Bénin (FILAB) ont offert le vendredi 9 octobre 2026, à la Bibliothèque Nationale de Porto-Novo.
Invitée d'honneur de cette rencontre prestigieuse, la journaliste, auteure et docteure en communication sociale Carmen Fifamè Toudonou y a présenté son roman Paria, publié en 2025 aux éditions Vénus d'Ébène & My African Clichés, devant un parterre impressionnant de passionnés du livre venus du Bénin, du Congo Brazzaville et du Gabon et d'autres horizons littéraires du monde.
Une présentation suivie d'une séance de dédicaces aux potentiels acheteurs.
Cette mise en lumière intervient à un moment charnière de son parcours. En effet, l'ouvrage poursuit une ascension fulgurante à l'international. Après la Mention Shéhérazade du Grand Prix Afrique 2025 à Paris, le Prix Filiga du livre africain 2026 à Libreville au Gabon et le Prix spécial Plum'art-Z 2026 à Brazzaville au Congo, Paria vient d'être nominé aux Prix Baobabs de Montréal au Canada, distinction honorifique décernée par l'Académie des Baobabs pour célébrer la littérature d'Afrique et de sa diaspora, et dont la remise est prévue en novembre prochain lors du Salon du livre de Montréal.
Or, si Paria s'impose, c'est par la force de son propos. Le roman revisite avec audace un pan sombre et occulté de l'histoire africaine : la traite orientale. Le héros, Menet, jeune garçon d'Afrique de l'Est menant une existence paisible au pied de la plus belle montagne du monde, fiancé en secret et attendant sa fête d'initiation, voit son destin basculer lors d'une razzia. Capturé, mutilé par la castration et réduit à l'état d'eunuque, il est déporté vers l'Orient au service d'un riche harem. Dès lors, le récit retrace non seulement sa descente aux enfers, mais surtout sa transfiguration. Face à l'effacement de son identité, Menet choisit la parole et l'écriture comme armes de résistance et devient le conteur de son propre destin.
Autour de lui gravitent des figures emblématiques de la captivité. D'une part, Djalil, pour lequel il nourrit une profonde admiration, et qui incarne la révolte physique en choisissant la rébellion armée contre l'ordre oppressif. D'autre part, les femmes et courtisanes du harem, qui révèlent, dans leur interaction avec le héros, la solitude partagée et le contrôle des corps.
Par ailleurs, cette rencontre de Porto-Novo a donné lieu à un échange nourri. Les différents invités ont interrogé l'autrice sur ses motivations profondes à écrire ce roman accentué sur l'esclavage en Orient et sur l'histoire poignante des eunuques à travers le parcours de Menet. Une démarche qui confirme l'engagement d'une plume qui, depuis vingt ans et à travers tous les genres, écrit pour que la société écoute, pour que les femmes parlent et pour que les jeunes filles rêvent.
Carmen Toudonou incarne une plume féminine qui refuse le statu quo et qui défend la libération de l'être humain dans les sphères sociales. Ni la religion ni les différentes formes de la maltraitance des femmes n'ont de place dans la société qu'elle conçoit. C'est dire finalement qu'elle est véritablement une autrice engagée et décidée à œuvrer pour la libération de la femme de tous les maux qui l'empêchent de s'émanciper et d'aller de l'avant.
Youssouf AVOCEGAMOU
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