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Football béninois : Junior Olaitan, du silence à la lumière sous les couleurs de Beşiktaş

Par LTC Admin - 21/09/2026
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FOOTBALL BÉNINOIS À L'INTERNATIONAL


𝗝𝘂𝗻𝗶𝗼𝗿 𝗢𝗹𝗮𝗶𝘁𝗮𝗻, 𝗹𝗮 𝗳𝗶𝗲𝗿𝘁𝗲́ 𝘀𝗶𝗹𝗲𝗻𝗰𝗶𝗲𝘂𝘀𝗲 𝗱𝘂 𝗕𝗲́𝗻𝗶𝗻 𝗾𝘂𝗶 𝗰𝗼𝗻𝗾𝘂𝗶𝗲𝗿𝘁 𝗹𝗮 𝗧𝘂𝗿𝗾𝘂𝗶𝗲

𝗣𝗼𝗿𝘁𝗿𝗮𝗶𝘁


Il y a des trajectoires qui se construisent dans le bruit, et d'autres qui se bâtissent dans le silence. Celle de Junior Olaitan appartient à la seconde catégorie. Né le 9 mai 2002 à Porto-Novo, d'un père nigérian et d'une mère béninoise, élevé au Nigeria, ce milieu de terrain de 24 ans n'a jamais eu besoin de tambours pour avancer. Et pourtant, aujourd'hui, c'est tout le football turc qui parle de lui.


𝙐𝙣𝙚 𝙖𝙨𝙘𝙚𝙣𝙨𝙞𝙤𝙣 𝙗𝙖̂𝙩𝙞𝙚 𝙥𝙖𝙨 𝙖̀ 𝙥𝙖𝙨


Rien, dans son parcours, ne relevait de l'évidence. Formé à Ayéma FC au Bénin, il traverse l'Atlantique footballistique vers la France : Niort, Troyes, Grenoble avant de rejoindre la Turquie via Göztepe, puis Beşiktaş en février dernier pour environ 7 millions d'euros. Sous l'ancien entraîneur Sergen Yalçın, il n'obtient que 14 matchs et une place discrète dans l'effectif. Son transfert, à l'époque, n'avait suscité que peu d'enthousiasme.


C'est avec l'arrivée de Vincenzo Italiano que tout bascule. L'entraîneur italien lui offre une confiance que personne n'attendait à ce niveau, quitte à laisser sur le banc des noms autrement plus médiatisés comme Orkun Kökçü. Et Olaitan répond, immédiatement : dès la première journée de Süper Lig, il délivre la passe décisive qui offre la victoire à son équipe. Ce n'était que le début.


Cette saison, Olaitan a disputé 10 rencontres sur 12 possibles comme titulaire, un statut d'indispensable qu'il consolide chaque week-end. Lors du derby face à Fenerbahçe, sans inscrire son nom sur la feuille de match, il a été le joueur ayant réussi le plus de dribbles de la rencontre, avec un taux de passes réussies de 94 %. Puis, en Ligue Europa contre l'Olympique de Marseille, il livre une performance à deux passes décisives qui le propulse, avec 6 passes décisives en 12 matchs toutes compétitions, au rang de meilleur passeur de l'ensemble des cinq grands championnats européens et de la Süper Lig confondus, devant des noms comme Anthony Gordon, Paulo Dybala, Cody Gakpo ou Lamine Yamal. Ce n'est plus une simple bonne saison. C'est une démonstration.


𝙇𝙖 𝙥𝙧𝙚𝙨𝙨𝙚 𝙩𝙪𝙧𝙦𝙪𝙚 𝙨'𝙚𝙣𝙛𝙡𝙖𝙢𝙢𝙚 : 𝙡𝙚 𝙘𝙖𝙨 𝙊𝙣𝙖𝙮


La victoire 4-1 de Beşiktaş face à l'Olympique de Marseille a même valu à Olaitan un traitement à part dans les colonnes du quotidien Hürriyet. Le journaliste Güntekin Onay, relayé par Spor Arena, lui a consacré un paragraphe entier, saluant l'engagement et la puissance d'un milieu de terrain capable d'être aussi présent dans le combat que décisif dans le geste. Il souligne ses deux passes décisives lors de cette rencontre et son volume de jeu impressionnant sur l'ensemble du match, notant qu'Olaitan progresse « de jour en jour », aux côtés d'İlhan. Pour Onay, l'entrejeu formé par Salih, Olaitan et Orkun constitue désormais l'un des atouts les plus solides et complémentaires de Beşiktaş, un trio sur lequel Vincenzo Italiano peut s'appuyer semaine après semaine.


𝙄𝙨𝙩𝙖𝙣𝙗𝙪𝙡 𝙫𝙚𝙪𝙩 𝙨𝙚 𝙛𝙖𝙞𝙧𝙚 𝙥𝙖𝙧𝙙𝙤𝙣𝙣𝙚𝙧


L'histoire a quelque chose de savoureux. Le 3 février dernier, lorsque Junior Olaitan a posé le pied à Istanbul pour rejoindre Beşiktaş, personne ne l'attendait à l'aéroport : ni foule, ni supporters, ni cérémonie d'accueil. Une arrivée dans l'anonymat total, à l'image de son statut de l'époque.


Sept mois plus tard, le contraste est saisissant. À force de performances et de constance, le Béninois s'est fait une place de choix dans le cœur des supporters stambouliotes. Alors qu'il est actuellement en sélection avec le Bénin, une idée circule désormais chez les fans du club : organiser, en retard, la cérémonie d'accueil qu'il n'a jamais eue. Alen Markaryan, figure connue du kop de Beşiktaş, est à l'origine de cette initiative, et une banderole a même été imaginée avec autodérision pour l'occasion, plaisantant sur le fait qu'il y avait « beaucoup de trafic » ce jour-là. Un autre supporter, Ugur Ozcelik, partage cette idée qu'un geste de réparation est désormais dû au joueur.


Le symbole pourrait être fort si ce rattrapage se concrétise au retour d'Olaitan, puisque le Guépard doit d'abord s'envoler pour Buenos Aires avec le Bénin, où une rencontre face à l'Argentine est programmée le 6 octobre, un match qui pourrait notamment voir Lionel Messi sur la pelouse. D'une arrivée dans l'indifférence à un possible retour sous les projecteurs : le contraste illustre, mieux que n'importe quelle statistique, le chemin parcouru par Olaitan en quelques mois seulement.


𝙐𝙣 𝙨𝙮𝙢𝙗𝙤𝙡𝙚 𝙥𝙤𝙪𝙧 𝙡𝙚 𝘽𝙚́𝙣𝙞𝙣


Mais au-delà de Beşiktaş, c'est peut-être avec les Guépards du Bénin que la portée de Junior Olaitan prend tout son sens. Depuis ses débuts sous le maillot national le 2 septembre 2021, face à Madagascar, il a accumulé une quarantaine de sélections et plusieurs buts, devenant un pilier du milieu de terrain béninois, y compris lors des phases de qualification pour la Coupe du monde et pour la Coupe d'Afrique des Nations, où il a compté parmi les titulaires. Cette saison encore, les statistiques le désignent comme l'un des meilleurs éléments de la sélection.


Pour un pays comme le Bénin, dont le football n'occupe pas toujours le devant de la scène internationale, voir un de ses fils s'imposer dans un championnat aussi exposé que la Süper Lig turque devant des dizaines de milliers de spectateurs, sous les projecteurs de la Ligue Europa a une valeur qui dépasse le simple classement individuel. Chaque passe décisive d'Olaitan à Istanbul est aussi, quelque part, une passe adressée à Cotonou. Il porte avec lui l'image d'un football ouest-africain capable de produire des joueurs complets, discrets mais décisifs, loin des projecteurs faciles.

Ce que dit la presse turque


Le constat est unanime dans les colonnes sportives turques : arrivé sans grand bruit, Olaitan s'est imposé comme une valeur montante, un titulaire indiscutable dans le système d'Italiano, et un joueur désormais chéri par les supporters de Beşiktaş. Les médias insistent sur sa régularité, sa discipline tactique et son efficacité dans le dernier geste : des qualités rarement synonymes de récits spectaculaires, mais qui, semaine après semaine, ont fini par forcer l'admiration.


𝙐𝙣 𝙧𝙖𝙮𝙤𝙣𝙣𝙚𝙢𝙚𝙣𝙩 𝙚𝙣𝙘𝙤𝙧𝙚 𝙖̀ 𝙚́𝙘𝙧𝙞𝙧𝙚


Junior Olaitan n'est pas encore une star au sens médiatique du terme. Il n'a pas la notoriété d'un Sadio Mané ou d'un Victor Osimhen. Mais c'est peut-être justement là que réside sa force : il construit sa légende sur le terrain, match après match, statistique après statistique. S'il poursuit sur cette trajectoire, il a toutes les cartes en main pour devenir l'un des symboles du football béninois à l'international, la preuve vivante qu'un pays de taille modeste peut, lui aussi, exporter du talent capable de rivaliser dans les plus grandes vitrines européennes.


Le Bénin regarde Istanbul. Et Istanbul, désormais, ne peut plus regarder ailleurs.


𝗕𝗿𝗶𝗰𝗲 𝗔𝗛𝗢𝗨𝗔𝗡𝗠𝗘𝗡𝗢𝗨

(stagiaire)

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