À Conakry, le processus électoral pour la présidentielle du 28 décembre 2025 connaît un tournant majeur. Le général Mamadi Doumbouya, chef de la transition, a officiellement déposé son dossier de candidature à la Cour suprême le 3 novembre, confirmant ainsi sa participation au scrutin. Cette décision, attendue par ses partisans, marque un revirement par rapport à ses engagements initiaux de ne pas briguer de mandat électif.
La Cour suprême a publié le 8 novembre une liste provisoire de neuf candidats autorisés à concourir. Parmi eux figure Doumbouya, mais l’absence de figures de l’opposition comme l’ancien Premier ministre en exil Cellou Dalein Diallo suscite de vives critiques. Diallo a saisi la Cour de justice de la CEDEAO pour contester son exclusion, bien que cette instance ne dispose pas de mécanismes contraignants pour imposer ses décisions.
Plusieurs dossiers de candidature ont été rejetés pour non-conformité, notamment en raison de l’absence de documents obligatoires comme la déclaration de patrimoine certifiée. Les candidats recalés disposent de 72 heures pour introduire un recours, ce qui ouvre une période de contestations et d’incertitudes
Sur le terrain, la tension est palpable. Des affiches électorales à l’effigie de Doumbouya envahissent déjà les rues de Conakry, tandis que certains opposants dénoncent une élection verrouillée. Les partisans du chef de la junte, eux, affirment avoir mobilisé des ressources considérables pour soutenir sa candidature, preuve de l’ampleur de son assise politique.
Cette présidentielle, censée clore la transition militaire ouverte en 2021, apparaît donc comme un test crucial pour l’avenir démocratique de la Guinée. Entre espoirs de stabilité et craintes de dérives autoritaires, le pays s’avance vers un scrutin à haut risque, où la légitimité des institutions électorales sera scrutée de près par la communauté nationale et internationale.
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