La Guinée a franchi un pas décisif dans la gestion de ses ressources naturelles. Le président Mamadi Doumbouya a annoncé l’interdiction formelle de l’exportation de l’or brut, une mesure qui vise à obliger les compagnies minières à transformer le minerai sur place. Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de valorisation locale des matières premières et d’industrialisation du pays.
La mise en service prochaine de la Nimba Gold Refinery, dotée d’une capacité initiale de 2 000 kg/jour extensible à 4 000 kg, constitue l’élément central de cette réforme. L’État entend ainsi mettre fin à la dépendance aux exportations brutes et capter une plus grande part de la valeur ajoutée issue de l’or.
Au-delà de l’impact économique, cette interdiction devrait favoriser la création d’emplois qualifiés, renforcer les compétences locales et accroître les recettes fiscales. Elle répond également à la nécessité de mieux contrôler une filière aurifère marquée par l’essor de l’orpaillage artisanal, qui a généré plus de 50 tonnes d’exportations en 2025, contre seulement 22 tonnes pour le secteur industriel.
Le défi reste immense : encadrer des milliers d’orpailleurs, adapter les conventions minières des opérateurs étrangers et lutter contre les exportations clandestines. Mais pour le président Doumbouya, cette réforme est une étape incontournable du programme Simandou 2040, qui ambitionne de faire de la Guinée un pôle industriel et minier majeur en Afrique.
Avec cette interdiction, la Guinée envoie un signal fort : ses ressources ne seront plus simplement extraites et expédiées, mais transformées sur son sol pour servir son développement.
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