En Guinée, le président Mamadi Doumbouya a procédé à plusieurs changements au sein de son entourage gouvernemental et présidentiel. Deux ministres ainsi qu’un conseiller à la Présidence ont été démis de leurs fonctions par décrets, quelques heures après le retour du chef de l’État à Conakry.
Le remaniement concerne notamment Mory Condé, jusque-là ministre de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale, ainsi que Mourana Soumah, qui dirigeait le ministère de la Communication et de l’Économie numérique.
Un troisième décret annonce le départ de Mahamadou Abdoulaye Diallo, conseiller chargé de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat à la Présidence de la République. Nommé à cette fonction le 4 février 2026, il aura passé un peu plus de six mois au sein de l’institution présidentielle. Avant cette nomination, il avait été ministre du Tourisme et de l’Hôtellerie entre juillet 2025 et janvier 2026.
Une décision sur fond de lutte contre la corruption
Les décrets annonçant ces départs ne précisent pas les raisons ayant conduit le président guinéen à mettre fin aux fonctions des trois responsables. Toutefois, des informations relayées ces derniers jours dans certains milieux proches du pouvoir font état de soupçons de détournement de fonds publics visant les deux ministres écartés.
Ces accusations, rapportées notamment par le média guinéen Ledjely, restent à ce stade au stade des allégations. Aucune condamnation ni procédure judiciaire n’a été officiellement annoncée contre les personnalités concernées.
Dans une publication sur sa page officielle Facebook, Mamadi Doumbouya a néanmoins adopté un ton particulièrement ferme sur la question de la corruption. Le chef de l’État a assuré que la lutte contre les pratiques de mauvaise gouvernance resterait une priorité de son action.
« Contre la corruption, ma main ne tremblera pas. Aucun rang, aucune fonction, aucune proximité ne met quiconque à l’abri de la rigueur républicaine. »
Le président guinéen a également insisté sur la nécessité pour les responsables qui travaillent à ses côtés de faire preuve d’exemplarité. Pour lui, la proximité avec le chef de l’État ne saurait constituer une protection contre d’éventuelles sanctions.
Des suites judiciaires encore incertaines
Ces limogeages interviennent donc dans un contexte où les autorités guinéennes affichent leur volonté de renforcer la lutte contre la corruption et les détournements de ressources publiques.
Pour l’heure, aucune procédure judiciaire visant les trois responsables démis de leurs fonctions n’a été rendue publique. D’éventuelles investigations pourraient toutefois permettre d’établir les faits et de déterminer si des poursuites doivent être engagées.
À travers ces décisions, Mamadi Doumbouya semble surtout vouloir réaffirmer un principe : aucune fonction ni proximité avec le pouvoir ne doit, selon lui, placer un responsable au-dessus des exigences de probité et de responsabilité publique.
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