Hommage d'Amoussou à la huitaine de Séfou Fagbohoun
Il blanchit le défunt de tout soupçon machiavélique
Décédé le samedi 22 août 2026, Séfou Fagbohoun continue de susciter hommages et témoignages à travers le pays. Figure emblématique du monde des affaires béninois et fils profondément attaché à sa terre d’origine, il laisse l’image d’un parcours d’ascension et d’engagement. Parmi les voix qui se sont élevées, celle du patriarche Bruno Amoussou se distingue par des confidences précises sur les débuts de l’homme d’affaires. «J’ai connu Fagbohoun chauffeur. Il conduisait des fournisseurs qui arrivaient dans des hôtels et les faisait circuler dans la ville de Cotonou », témoigne-t-il, retraçant ainsi les premiers pas d’un destin qui allait basculer à la faveur d’une rencontre avec un fournisseur hollandais. «L’opération qui a été faite à partir de cette carte a changé la vie de Fagbohoun », confie encore Bruno Amoussou.
Au-delà du récit des origines, l’ancien ministre du Plan s’attache à dissiper les rumeurs qui ont longtemps entouré la fortune du défunt. Avec une fermeté assumée, il balaie les accusations les plus graves : «Fagbohoun n’a jamais tué personne pour s’enrichir. Fagbohoun n’a sacrifié aucun enfant pour s’enrichir. C’est faux ». Il revient également sur un acte fort de son passage au gouvernement : l’attribution de la Société nationale de commercialisation des produits pétroliers (Sonacop). À l’issue du processus de soumission, le groupe Fagbohoun avait été déclaré adjudicataire. «Mon premier acte en tant que ministre du Plan, c’est d’aller remettre les clés de la Sonacop à Fagbohoun », relate Bruno Amoussou, soulignant la confiance institutionnelle accordée à l’opérateur.
Cependant, c’est sur le registre du développement local que l’hommage prend toute sa densité. Bruno Amoussou insiste sur l’empreinte laissée par Séfou Fagbohoun dans sa commune natale. Investissements, initiatives et engagement constant ont, selon lui, durablement transformé Adja-Ouèrè. «Adja-Ouèrè doit tout à Fagbohoun, la ville d’Adja-Ouèrè lui doit tout », déclare le patriarche, résumant en une formule l’ampleur de la contribution du défunt à l’essor de sa communauté.
Le témoignage dessine le portrait d’un homme de travail, de mobilité sociale et d’enracinement. De chauffeur à la tête d’un groupe économique majeur, Séfou Fagbohoun aura incarné une trajectoire singulière, entre réussite entrepreneuriale et loyauté territoriale. Un mois après sa disparition, les hommages rappellent que, par-delà la fortune, c’est l’impact sur les hommes et sur une commune qui constitue l’héritage le plus durable du « Coq d’Adja-Ouèrè ».
Assan OKRO
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