En visite de travail au Bénin dans le cadre de ses fonctions de Gouverneure du District 909 de l’International Inner Wheel, Fatou Diallo Thiam a participé à la première action caritative de l’Inner Wheel Club de Porto-Novo à Adjohoun. Dans cet entretien, elle revient sur l’histoire de l’association, ses idéaux, son organisation et les missions qu’elle mène au service des communautés. Elle apporte également des éclaircissements sur les rumeurs qui associent le mouvement à la franc-maçonnerie.
« Être amies d’abord et travailler pour la communauté »
Veuillez vous présenter à nos lecteurs.
Je m’appelle Fatou Diallo, épouse Thiam. Je suis Gouverneure du District 909 de l’International Inner Wheel pour le mandat 2026-2027.
L’International Inner Wheel est organisé en districts. Celui dont j’assure la gouvernance regroupe sept pays francophones de la sous-région : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Sénégal et le Togo. Je représente donc une zone qui compte 19 clubs et un peu plus de 300 membres.
Ma mission consiste à veiller à la cohésion des clubs du district et à la mise en œuvre des idéaux de l’association sur le terrain. C’est dans ce cadre que je suis présente au Bénin pour une visite de travail, notamment à Adjohoun.
Un mandat axé sur le fonctionnement et la cohésion des clubs
En tant que Gouverneure, quelles sont exactement vos responsabilités ?
Avant d’aborder ma fonction, il me semble important de rappeler les trois idéaux qui fondent l’International Inner Wheel : développer l’amitié entre ses membres, promouvoir l’entente internationale et servir la communauté.
À Inner Wheel, le mandat de Gouverneure, tout comme celui de présidente d’un club local, dure un an. Il commence le 1er juillet de l’année en cours et prend fin le 30 juin de l’année suivante.
Il s’agit essentiellement d’une fonction administrative et de supervision. Elle implique des visites dans les clubs afin de s’assurer de leur bon fonctionnement, de rappeler les règles de l’association, qui peuvent évoluer au fil du temps, et de veiller à la tenue de l’Assemblée générale annuelle dans le pays de la Gouverneure, conformément à nos dispositions réglementaires.
En règle générale, les districts organisent deux assemblées générales par an. Toutefois, compte tenu de l’étendue géographique du District 909, nous avons obtenu l’autorisation de l’International Inner Wheel de tenir une seule Assemblée générale annuelle. Celle-ci permet d’examiner les préoccupations relatives au fonctionnement administratif et financier du district, ainsi que les actions menées par les différents clubs.
Nous produisons un rapport d’activités et un rapport financier, lequel doit être certifié par un commissaire aux comptes afin d’en garantir la sincérité. Ces documents sont soumis à l’Assemblée générale pour approbation et quitus. Nous rendons ensuite compte à l’International Inner Wheel du bon fonctionnement des clubs regroupés au sein du district.
C’est ce qui justifie la visite de travail d’une semaine que j’ai effectuée au Bénin. J’ai notamment visité les clubs de Bohicon, de Cotonou Doyen, de Cotonou Espoir et, du 20 au 21 octobre 2026, celui de Porto-Novo. Avant cette étape béninoise, j’avais également effectué des visites de travail au Mali, en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et au Togo.
Une association née de la volonté des femmes de servir
Dans quel contexte l’association Inner Wheel a-t-elle vu le jour ?
Inner Wheel est une association caritative née en 1924 à Manchester, au lendemain de la Première Guerre mondiale. À l’époque, les épouses de Rotariens se sont mobilisées pour assurer la continuité des activités professionnelles de leurs maris partis au front.
Elles avaient pris l’habitude de se réunir, comme le faisaient les Rotariens, pour discuter des difficultés rencontrées par leurs entreprises et des problèmes de société. Elles se sont également engagées dans l’assistance aux victimes de la guerre, les visites aux prisonniers de guerre et le soutien aux veuves et aux orphelins.
Après la guerre, lorsque leurs maris sont revenus, ces femmes ont souhaité poursuivre leurs actions collectives. Il faut rappeler qu’à cette époque, le Rotary n’acceptait pas les femmes. Elles ont donc décidé de s’organiser entre elles. C’est ainsi qu’est née l’association Inner Wheel.
Le mouvement s’est d’abord développé à Manchester, puis en Australie et en Nouvelle-Zélande. Il a véritablement pris une dimension internationale à partir de 1967. Initialement implanté dans les pays anglophones et anglo-saxons, il s’est ensuite étendu à l’Europe, à l’Asie et, aujourd’hui, à plusieurs pays africains. De nombreux pays de notre sous-région disposent désormais de clubs Inner Wheel.
« Inner Wheel n’est l’antichambre d’aucun mouvement »
Certaines personnes présentent Inner Wheel comme l’antichambre de la franc-maçonnerie féminine. Qu’en est-il réellement ?
Il est vrai que nous entendons ce genre de propos dans nos différents pays. Mais, à mon avis, cela s’explique surtout par un manque de curiosité et d’informations sur les clubs et leur fonctionnement.
Nous sommes des femmes venues d’horizons divers, réunies autour d’un principe et d’un idéal très clairs : être amies d’abord et travailler pour la communauté à laquelle nous appartenons.
Nous recensons régulièrement les besoins des personnes qui nous entourent afin de leur apporter une assistance, dans la mesure de nos moyens. Je crois que c’est le cœur qui parle, et le cœur ne doit pas dépendre d’une formation que, personnellement, je ne connais pas.
Cela fait plus de 33 ans que je suis membre d’Inner Wheel. Si cette association abritait des pratiques secrètes de la nature de celles que certains lui prêtent, j’aurais probablement eu l’occasion de les découvrir. Or, jusqu’à présent, je n’ai jamais été confrontée à de telles pratiques.
À mon avis, les personnes qui ne connaissent pas une réalité devraient avoir la sagesse de reconnaître qu’elles ne savent pas. Malheureusement, certains préfèrent imaginer des choses, établir des rapprochements et avancer des affirmations sans disposer d’informations suffisantes. Il arrive ainsi que des propos soient tenus gratuitement, alors qu’ils ne correspondent pas à la réalité.
Je tiens donc à préciser un point essentiel : l’International Inner Wheel est une association purement caritative, non sectaire, non religieuse et apolitique. Elle n’est l’antichambre d’aucun mouvement, encore moins de la franc-maçonnerie, avec laquelle elle n’a aucun lien, contrairement à ce que certains se plaisent à affirmer.
La solidarité au cœur de l’engagement
À travers ses idéaux et ses actions caritatives, l’International Inner Wheel entend promouvoir l’amitié entre ses membres, l’entente internationale et le service à la communauté. La visite de Fatou Diallo Thiam au Bénin s’inscrit dans cette dynamique de proximité avec les clubs et de suivi des initiatives locales.
La première action caritative de l’Inner Wheel Club de Porto-Novo à Adjohoun illustre cette volonté de traduire les valeurs de l’association en actions concrètes. Pour ses membres, la solidarité ne se limite pas à un principe affiché : elle se manifeste par l’attention portée aux besoins des populations et par les initiatives mises en œuvre, selon les moyens disponibles, pour leur apporter un soutien.
Propos recueillis par Kolawolé Maxime SANNY
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