*Journée mondiale des enseignants*
*Entre mots et maux, toujours l’attente de meilleures conditions*
Dimanche 05 octobre 2025, la communauté internationale a célébré la 32eme édition de la Journée mondiale des enseignants. Des mots de reconnaissance, d’encouragement, de rehaussement et d’exhortation ont été utilisés dans des messages délivrés. Des mots de dénonciation et revendication aussi. Mais entre mots et maux, les enseignants sont toujours dans l’attente de meilleures conditions.
L’enseignement est un métier noble, un sacerdoce auquel n’y va pas qui veut mais qui peut. L’enseignant, à l’image du potier est appelé à façonner, à modeler les « pâtes sociales » à lui confiées par la société pour en faire, selon les besoins, les bâtisseurs de la république.
Dans son silence, avec compétence, dans la douleur, avec zèle et amour multidimensionnel, il s’emploie à réussir sa mission. Quelles que soient les intempéries environnementales, sociales, familiales, sanitaires, financières, morales, liées aux conditions de vie et de travail etcétéra, tous les regards sont tournés vers lui.
Lorsqu’il réussit les modelages attendus, il est célébré, ovationné avec tous les mots disants et auréolé. Mais lorsque le résultat ne suit pas, il est pris à partie, moqué, humilié et traité de tous les noms d’oiseaux. Il devient à tort ou à raison la risée.
Si généralement la corbeille est remplie de bonnes poires, il se trouve hélas quelques unes de mauvaise qualité. Mais suffisent-elles à contaminer le gros lot.
Mais au-delà, que valent les conditions de travail à eux offertes ? Sont-ils toujours satisfaits et partout du minimum qu’ils ont ? Qu’en est-il exactement ? Peut-on satisfaire entièrement les conditions qu’attendent les enseignants ?
C’est la rupture de pente entre les attentes des uns et les exigences des autres pourrait-on dire qui est à la source des auréoles et frustrations. Raison pour laquelle, entre mots et maux, il faut réussir à trouver la bonne formule pour encourager les potiers de la société à faire les bons modelages éthiques et moraux dont elle a besoin dans un esprit de donner et de recevoir nécessaire à la paix des uns et des autres.
Mais au-delà de tout, saurait-on célébrer en une journée,une semaine, un mois, une année ? Ne serait-il rien pas temps d’instaurer au Bénin la Semaine de l’Enseignant avec un contenu novateur réaliste et réalisable ?
_*Kolawolé Maxime SANNY*_
À votre lecture, quelques messages officiels et autres.
*Message conjoint de Mme Audrey Azoulay,
Directrice générale de l’UNESCO, M. Gilbert F. Houngbo, Directeur général de l’Organisation internationale du Travail,
Mme Catherine Russell, Directrice exécutive de l’UNICEF et M. David Edwards, Secrétaire général de l’Internationale de l’éducation, à l’occasion de la Journée mondiale des enseignants*
5 octobre 2025
*Redéfinir l’enseignement en tant que profession collaborative*
Les enseignants sont la pierre angulaire d’une éducation de qualité : ils sont le moteur de l’apprentissage et de l’inclusion dans les écoles et, par là même, renforcent le tissu social de nos sociétés. Pourtant, la profession est actuellement confrontée à une crise sans précédent, qui nécessite une mobilisation politique au plus haut niveau, comme l’a récemment souligné le Sommet mondial sur les enseignants, organisé par l’UNESCO et le Gouvernement chilien.
Le Rapport mondial sur les enseignants appelle l’attention sur le fait qu’il manque encore 44 millions d’enseignants dans le monde pour parvenir à l’objectif d’un enseignement primaire et secondaire universel d’ici à 2030. En l’espace de sept ans seulement, le nombre d’enseignants quittant la profession a doublé, aggravant encore la pénurie généralisée.
Cette crise est exacerbée par les conditions de travail des enseignants. Les enseignants connaissent trop souvent un isolement professionnel, avec peu d’opportunités de formation continue, d’apprentissage par les pairs et de coopération nécessaire pour des pratiques d’enseignement efficaces. Pour inverser les tendances actuelles en matière d’attrition et de recrutement des enseignants, il faut non seulement accroître les investissements, mais aussi mettre en place des politiques qui favorisent des environnements de travail collaboratif tout au long de la carrière des enseignants.
Cette année, la Journée mondiale des enseignants, placée sous le thème *« Redéfinir l’enseignement en tant que profession collaborative »*, nous rappelle la nature fondamentalement collective et relationnelle de l’éducation. Elle appelle à la collaboration des enseignants – en classe, dans la sphère numérique et dans les espaces de décision – afin de renforcer la motivation et la résilience au sein de cette profession essentielle, et d’améliorer la qualité de l’éducation pour des millions d’élèves. Un tel changement d’état d’esprit implique trois éléments clés.
Premièrement, les efforts pour ancrer la profession dans la collaboration commencent dès les premiers jours de la carrière d’un enseignant. Pour façonner une identité professionnelle fondée sur la coopération plutôt que sur l’isolement, il faut que l’apprentissage par les pairs, le co-enseignement et le mentorat soient placés au cœur de la formation initiale et continue des enseignants. C’est pourquoi l’UNESCO a soutenu la formation de plus de 1,4 million d’enseignants dans le monde depuis 2018, en leur offrant la possibilité de renforcer leurs compétences aux côtés d’experts et de pairs.
Deuxièmement, si aucune technologie ne pourra jamais remplacer le côté humain des enseignants, les outils numériques collaboratifs permettent aux éducateurs de travailler ensemble, au-delà des distances et des disciplines, comme jamais auparavant. Les enseignants doivent savoir comment tirer parti de la technologie pour accroître efficacement la connexion, le dialogue et la coopération, tant avec leurs pairs qu’avec les apprenants.
Troisièmement, nous devons également resserrer la collaboration en ce qui concerne la prise de décisions dans le domaine de l’éducation, en reconnaissant le rôle essentiel des enseignants dans la conception des politiques et la direction des établissements scolaires. Grâce au dialogue social, les enseignants peuvent contribuer de manière significative à l’élaboration de réformes prenant en compte les réalités de la classe. Par ailleurs, leur participation à la prise de décisions – tant au niveau des politiques qu’au niveau de l’école – peut améliorer le climat scolaire, ainsi que la confiance et le bienêtre du personnel et des élèves.
En cette Journée mondiale des enseignants, l’UNESCO, l’OIT, l’UNICEF et l’Internationale de l’éducation appellent les gouvernements, les partenaires et la communauté internationale à s’engager collectivement pour que la collaboration soit reconnue comme une norme au sein de la profession enseignante – car ce n’est que par une coopération effective à tous les niveaux que nous pourrons instaurer des systèmes éducatifs véritablement inclusifs, équitables et résilients dans le monde entier.
www.unesco.org
*04 PHOTOS ILLUSTRATRICES : UNESCO UNICEF OIT ET INTERNATIONAL DE L’ÉDUCATION*
*Le message du Secrétaire général de la CONFEMEN*
Chères enseignantes, chers enseignants, chers partenaires de l’éducation,
En ce 5 octobre 2025, la CONFEMEN se joint à la communauté internationale pour célébrer la Journée mondiale des enseignantes et enseignants, placée cette année sous le thème inspirant : *« Repenser l’enseignement comme une profession de collaboration »*. Ce thème réaffirme que la qualité de l’éducation ne peut se construire que dans la coopération, la coresponsabilité et la solidarité professionnelle.
Cependant, les défis sont immenses et selon l’UNESCO, il faudra, d’ici 2030, plus de 44 millions de nouvelles enseignantes et nouveaux enseignants pour atteindre les objectifs universels d’éducation. Face à cet enjeu, il est urgent de renforcer le rôle de l’enseignant, non pas comme un acteur isolé, mais plutôt intégré dans un collectif professionnel dynamique. L’enseignement doit être pensé comme une aventure partagée où le soutien mutuel, le dialogue et l’échange d’expertise deviennent les moteurs de la réussite éducative.
Depuis plus de six décennies, la CONFEMEN œuvre à renforcer la qualité de l’éducation dans l’espace francophone et a toujours placé les enseignants au cœur de ses priorités.
A travers ses évaluations, le *PASEC (Programme d’analyse des systèmes éducatifs de la CONFEMEN)* offre aux pays participants, les outils nécessaires pour produire et exploiter au mieux les données sur les apprentissages. La grande collecte de données du cycle d’évaluation *PASEC2024* a concerné non seulement les élèves, mais aussi les enseignants, chefs d’établissement et parents, afin d’éclairer les politiques éducatives à partir d’analyses rigoureuses et comparatives des différents facteurs qui impactent la qualité des acquis scolaires.
Les données sur les enseignants permettront en particulier de mieux comprendre les conditions d’enseignement et d’apprentissage et d’identifier des pistes d’action pour renforcer la professionnalisation des enseignants.
Dans cette perspective, l’ampleur du cycle d’évaluation PASEC2024 est inédite :
654 074 répondants sont concernés dans une vingtaine de pays ;
plus de 11 000 classes sont observées, couvrant le primaire et le secondaire ;
près de 293 000 élèves sont évalués ; 59 372 enseignants et 8 654 directeurs d’écoles sont impliqués dans l’enquête ;
les instruments sont disponibles dans 13 langues d’enseignement, dont 10 langues nationales africaines.
Ces chiffres illustrent l’engagement collectif des pays participants pour produire des données probantes au service de l’amélioration des apprentissages.
*Le PACTE (Programme d’appui au changement et à la transformation de l’éducation)*, deuxième programme phare de la CONFEMEN, poursuit des actions concrètes de transformation de l’éducation comme l’évaluation de la qualité des manuels scolaires à des fin d’amélioration dans plusieurs pays, la production du guide d’assurance qualité pour la formation des enseignants, ou encore la promotion de ressources éducatives numériques à travers la *plateforme Imaginecole* grâce au travail collaboratif des enseignants.
Ces actions sous forme de projets pilotes contribuent directement à outiller les enseignants, soutenir l’innovation pédagogique et favoriser la mutualisation des bonnes pratiques. Elles sont assorties d’études, de notes de politique éducatives et de rencontres de partage de connaissance et d’expériences réussies qui en permettent la diffusion et l’appropriation par les acteurs de terrain.
A l’actif du PACTE, Jeune programme créé en 2022, on peut déjà retenir des chiffres clés :
260 évaluateurs mobilisés et formés dans 13 pays pour l’évaluation des manuels scolaires ;
11 pays engagés dans l’initiative Imaginecole, avec près de 1000 enseignants à former en présentiel et à travers des webinaires ;
4 pays pilotes (Cameroun, Côte d’Ivoire, Sénégal, Tchad) développant des projets collaboratifs innovants, dont la création de vidéos pédagogiques interactives ;
une perspective d’élargissement progressif de ses projets à d’autres pays et dans tous les sous -secteurs.
Le thème de cette année trouve une résonance particulière dans les projets collaboratifs de production de ressources éducatives numériques développés par le PACTE auprès d’enseignants de différents pays, dans le cadre de l’initiative Imaginecole. Des espaces d’apprentissage partagés, où le travail en équipe, la co-création de ressources et la mutualisation des savoirs sont érigés en normes professionnelles dans une dynamique collaborative qui transcende les frontières et illustre le potentiel transformateur de l’action collective. Imaginecole, permet d’expérimenter concrètement ce que signifie l’enseignement comme profession de collaboration.
En somme, en alliant la production de données fiables et l’accompagnement des politiques éducatives, les actions de ces deux programmes traduisent la volonté de la CONFEMEN de faire de la collaboration un principe directeur de son intervention, depuis le niveau de la salle de classe jusqu’à celui des réformes éducatives nationales.
Chers enseignantes, chers enseignants
Le thème retenu cette année, « Repenser l’enseignement comme une profession de collaboration », rappelle que la qualité et la durabilité des apprentissages ne peuvent se construire dans l’isolement. *Enseigner, c’est à la fois partager, apprendre avec ses pairs et co-construire des solutions face aux défis éducatifs. La coopération entre enseignants, formateurs, responsables scolaires, parents et communautés devient un levier essentiel pour l’inclusion, l’innovation et la réussite de tous les apprenants.*
Dans un contexte où les besoins mondiaux en enseignantes et enseignants ne cessent de croître, la collaboration professionnelle apparaît comme un rempart contre l’isolement, un facteur de motivation et une source de résilience. Elle confère à la profession enseignante sa pleine dimension de corps social, uni et reconnu.
Chères enseignantes, chers enseignants,
Votre rôle reste irremplaçable dans la lutte contre la pauvreté, la promotion de l’équité et la formation des générations futures. Mais vous ne devez pas être seuls, vous n’êtes pas seuls : la CONFEMEN est avec vous et œuvre auprès des décideurs, partenaires et communautés pour un soutien accru à vos efforts, en vous offrant des environnements professionnels où la collaboration, la confiance et l’autonomie sont centrales.
Ensemble, redéfinissons l’enseignement comme une profession collaborative, capable de bâtir des systèmes éducatifs résilients, inclusifs et porteurs d’avenir.
Je vous adresse, au nom de la CONFEMEN, mes vœux de succès et de reconnaissance dans l’accomplissement de votre noble mission.
Je vous remercie
Pr. Abdel Rahamane BABA-MOUSSA
Secrétaire général de la CONFEMEN
Source : www.confenem.org
*SA PHOTO EN ILLUSTRATION*
*Message de Salimane Karimou*
𝐌𝐄𝐒𝐒𝐀𝐆𝐄 𝐃𝐔 𝐌𝐈𝐍𝐈𝐒𝐓𝐑𝐄 𝐃𝐄𝐒 𝐄𝐍𝐒𝐄𝐈𝐆𝐍𝐄𝐌𝐄𝐍𝐓𝐒 𝐌𝐀𝐓𝐄𝐑𝐍𝐄𝐋 𝐄𝐓 𝐏𝐑𝐈𝐌𝐀𝐈𝐑𝐄, 𝐂𝐇𝐄𝐅 𝐃𝐄 𝐅𝐈𝐋𝐄 𝐃𝐄𝐒 𝐌𝐈𝐍𝐈𝐒𝐓𝐑𝐄𝐒 𝐂𝐇𝐀𝐑𝐆𝐄𝐒 𝐃𝐄 𝐋’𝐄𝐃𝐔𝐂𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐀 𝐋’𝐎𝐂𝐂𝐀𝐒𝐒𝐈𝐎𝐍 𝐃𝐄 𝐋𝐀 𝐂𝐄𝐋𝐄𝐁𝐑𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐃𝐄 𝐋𝐀 𝟑𝟐𝐞̀𝐦𝐞 𝐉𝐎𝐔𝐑𝐍𝐄𝐄 𝐌𝐎𝐍𝐃𝐈𝐀𝐋𝐄 𝐃𝐄𝐒 𝐄𝐍𝐒𝐄𝐈𝐆𝐍𝐀𝐍𝐓𝐒
Mes chers concitoyens ;
Chers enseignantes et enseignants ;
Mesdames et messieurs ;
Dimanche 05 octobre 2025, notre pays se joint au monde entier pour sacrifier une fois encore à une tradition, celle de célébrer en différé mais avec ferveur la 32ème Journée Mondiale des Enseignants (JME). C’est donc avec un sentiment du devoir et de responsabilité que je voudrais m’adresser à vous, chers enseignantes et enseignants de tous bords et de toutes catégorie, à la veille de cet évènement crucial en reconnaissance de la place prépondérante qu’est la vôtre dans le développement de toutes les nations au monde.
Oui, sans jamais vous lasser, vous ravivez en vous continuellement la flamme de la vocation à l’effet de braver victorieusement les vicissitudes qui jalonnent votre parcours professionnel en vous rendant par-là plus dévoués et aptes à accomplir votre métier, ce métier sacerdotal à la fois ô combien exaltant et difficile qui requiert de chacun d’entre vous un éternel recommencement. Et il ne saurait en être autrement, car, contrairement aux autres agents publics qui agissent habituellement sur des matières inertes, a contrario, vous, vous agissez sur une matière vivante avec toute la délicatesse et le professionnalisme requis. En d’autres termes, c’est à vous uniquement que revient l’art de forger des esprits, de préparer les hommes et les femmes chargés de changer le monde, de contribuer vaillamment et valablement à la modernisation inexorable de leurs sociétés respectives. Pour être explicite, de par la mise en œuvre cohérente et efficace de votre contrat social, vous parvenez à mettre indéniablement à la disposition de la nation les cadres honnêtes et éclairés appelés à sous-tendre et stimuler sa marche vers le progrès rêvé.
Fort de cette évidence, vous convenez avec moi que c’est à juste titre que sur un ton péremptoire, Jean-pierre Chevènement a affirmé ; je cite : « Le corps enseignant est la plus grande armée, après l’armée rouge ».
Chers enseignantes et enseignants
Comme à l’accoutumée, le gouvernement béninois qui se saisit de cette opportunité pour vous célébrer à travers les trois ministères en charge de l’Education, et pour vous permettre de vous célébrer, ne va pas déroger à cette pratique. C’est pour cela, qu’après Savè, la cité des « mamelles » en 2024, c’est au tour de Djougou, la ville des Kpétoni, d’accueillir cette année , le jeudi 9 octobre 2025 ,les manifestations officielles marquant cette 32ème édition. A cet effet, et par anticipation, je voudrais décerner un satisfécit appuyé à tous les cadres des trois ministères en général et à toutes les autorités locales engagés dans le processus de préparation de la JME 2025 en particulier pour leur sens élevé de responsabilité et de l’honneur qui imprimeront, j’en suis sûr et certain, un éclat sans précédent à cet évènement qui, au-delà de sa dimension festive, vise à auréoler de gloire nos enseignants, qu’ils soient instituteurs, professeurs de collège ou de lycée ou encore professeurs d’université. En conséquence, au nom du gouvernement, de mes deux collègues et en mon nom personnel, je dois une fière chandelle à tous les enseignants béninois, car c’est grâce à ces enseignants et avec eux spécialement que les apprenants développent une propension exclusive pour la culture de la vertu et absorbent concurremment l’ensemble des valeurs fondamentales qui distinguent la société béninoise, entre autres, la sociabilité, la probité, la solidarité, la tolérance, la culture de la non-violence et de la paix, l’amour du travail bien fait, le respect du bien public, l’intégrité, l’incorruptibilité, l’amour de la patrie et la promotion du salut collectif.
Mesdames et Messieurs,
Chers enseignantes et enseignants,
Le thème international de cette année inhérent à *« Redéfinir l’enseignement comme une profession de collaboration »* retenu par l’Internationale de l’Education en collaboration avec l’UNESCO sonne telle une invite à :
✓ mettre en évidence le potentiel transformateur de la collaboration pour les enseignants, les établissements scolaires et les systèmes éducatifs.
✓ repenser la profession enseignante comme une profession intrinsèquement collaborative soutenue par des politiques, des pratiques et des environnements d’apprentissage qui valorisent l’entraide, le partage d’expertise et la coresponsabilité qui est indispensable pour renforcer la qualité de l’enseignement, améliorer l’apprentissage et favoriser l’épanouissement professionnel des enseignants.
En revanche, au Bénin, le thème retenu cette année en ligne directe avec le thème international est « La collaboration dans le système éducatif, gage d’un enseignement de qualité ».
L’axe central de ces deux thèmes étant la collaboration, il en résulte que tous les acteurs de la chaîne de l’éducation doivent se tenir la main dans la main, aller de front dans une démarche participative et inclusive pour promouvoir aussi bien l’unicité de l’éducation que la qualité de l’enseignement perçu ici comme un véritable catalyseur. Sur cette base, la dynamique ainsi enclenchée impose que les parents, les enseignants, les Partenaires Techniques et Financiers (PTFs), les Organisations Non Gouvernementales (ONG), les Organisations de la Société Civile (OSC) et toutes autres structures concernées, s’investissent plus que jamais, dans une approche dynamique et synergique, à promouvoir l’éducation, socle du développement intégré et équilibré de toute nation. C’est bien là d’ailleurs la condition sine qua non pour assurer une performance de plus en plus accrue de notre système éducatif aux plans quantitatif et qualitatif. Du reste, il s’impose à moi de rendre une fois de plus un hommage sincère à tous les enseignants du monde et particulièrement à ceux de notre pays en portant au pinacle leur rôle crucial dans l’éducation, la formation du citoyen et donc dans le développement national. Dans cette lancée, et dans le cadre de la poursuite de la revalorisation de la fonction enseignante, le gouvernement de Son Excellence Monsieur Patrice TALON s’emploiera davantage à améliorer les conditions d’enseignement et d’apprentissage, car investir suffisamment dans l’éducation aujourd’hui, c’est garantir irréfutablement un avenir meilleur pour la nation.
C’est sur une telle note d’assurance qu’au nom de mes deux autres collègues en charge du secteur de l’éducation et en mon nom personnel, à la veille de la célébration de la Journée Mondiale des Enseignants, édition 2025 au Bénin, je souhaite une excellente fête et d’agréables moments de plaisirs à chacun et à tous,
Vive la 32ème Journée Mondiale des Enseignants ;
Vive le système éducatif béninois ;
Vive les enseignantes et enseignants résolument engagées et dévoués pour que vive la République du Bénin,
Je vous remercie de votre aimable attention.
*Salimane KARIMOU*
*SA PHOTO EN ILLUSTRATION*
*DECLARATION DU SNESTFP-BENIN A L’OCCASION DE LA CELEBRATION DE LA TRENTE-DEUXIÈME EDITION DE LA JOURNEE MONDIALE DE L’ENSEIGNANT*
Acteurs du secteur de l’éducation à divers niveaux ;
Enseignantes et enseignants des différents sous-secteurs de l’éducation ;
Chers collègues et camarades ;
A l’instar des pays du monde entier, le BENIN a commémoré, ce dimanche 05 octobre 2025, la Journée Mondiale de l’Enseignant.
A cette occasion, il est important de s’intéresser à l’état actuel du système éducatif béninois, d’insister sur les défis et de rappeler les acteurs à divers niveaux à leurs responsabilités.
Avant de rappeler l’état de notre système éducatif, nous nous faisons le devoir de saluer les efforts des acteurs à divers niveaux, en l’occurrence les enseignants de la maternelle, du primaire, du secondaire et du supérieur qui, malgré les conditions de vie et de travail difficiles, essaient d’accomplir leur mission. Nous rendons, par la présente, un hommage mérité aux enseignants des différents sous-secteurs de l’éducation notamment ceux des sous-secteurs des Enseignements Maternel et Primaire et des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle pour les bons résultats obtenus aux examens de fin de l’année 2025.
Au Bénin, le système éducatif ne bénéficie pas encore de l’attention particulière que la loi fondamentale de notre pays a prévu qu’on lui accorde.
En effet, l’article 1er de la loi N°2003-17 du 11 novembre 2003 portant Orientation de l’Education Nationale en République du BENIN rectifiée par la loi N°2005-33 du 06 octobre 2005* dispose : «Dans le respect des principes définis par la Constitution du 11 décembre 1990, l’éducation, en République du BENIN, constitue et demeure la première priorité nationale». Cette loi fait donc de l’éducation, le secteur qui doit bénéficier d’une attention particulière parce qu’il est le socle du développement.
Parlant du secteur de l’éducation au BENIN, il n’est pas exagéré de dire que, malgré les efforts consentis par les régimes qui se sont succédé, les fruits n’ont pas encore tenu la promesse des fleurs.
L’efficacité d’un système éducatif dépend surtout de la qualité des enseignants formateurs ainsi que leurs conditions de vie et de travail. Au niveau de chaque sous-secteur de l’éducation, les enseignants doivent être recrutés et formés afin de contribuer efficacement à l’amélioration de l’offre éducative.
S’agissant du recrutement, l’état des lieux présente un déficit remarquable d’enseignants, de la maternelle jusqu’au supérieur.
Depuis son avènement en 2016, le gouvernement de la rupture n’a organisé aucun concours de recrutement au profit du secteur de l’éducation si ce n’est celui organisé en 2015 sous le régime précédent qui a été annulé et repris.
En 2019, le gouvernement a institué « l’aspiranat au métier d’enseignant » dans les sous-secteurs des Enseignements Maternel et Primaire puis des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle. Cette option de recruter des enseignants non agents de l’État a été étendue à l’enseignement supérieur.
Trois ans après l’institution du système d’aspiranat, précisément en décembre 2022, le gouvernement de la rupture a promis le reversement des aspirants de la maternelle, du primaire et du secondaire en Agents Contractuels de Droit Public de l’Etat en tenant compte de l’ancienneté. Malheureusement, cette promesse est restée sans suite jusqu’à la fin de l’année scolaire 2024-2025. Les nouvelles assurances données par les voix officielles du gouvernement ont suscité un nouvel espoir chez les concernés qui espéraient démarrer la nouvelle année scolaire 2025-2026 avec un nouveau statut. Mais, contre toute attente, la situation est restée la même. Cette catégorie d’enseignants qui représente près de 80% de l’effectif des enseignants dans les deux sous-secteurs (MEMP, MESTFP) a donc repris les classes dans la déception et la démotivation totale.
Dans le sous-secteur des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle, les AME exécutent plus de 24heures par semaine et ce, en violation de l’article 3 de l’arrêté N°2019-069 du 27 novembre 2019 portant charge horaire hebdomadaire des professeurs des enseignements secondaire général, technique et de la formation professionnelle.
En dehors des AME, les autres catégories d’enseignants que sont les Fonctionnaires de l’État et les Agents Contractuels de Droit Public de l’Etat sont également confrontés à de nombreux problèmes de carrière. Il s’agit essentiellement des problèmes liés aux licences professionnelles non reconnues; aux années passées sous CDD non prises en compte; aux diplômes obtenus avant et après la date d’effet du contrat non reconnus pour certains; aux décisions d’admission définitive et attestations de diplôme non disponibles pour certains enseignants ayant fini leurs formations professionnelles dans les Écoles Normales Supérieures; au refus du gouvernement d’envoyer les Professeurs Adjoints des différentes promotions en attente dans les écoles normales supérieures en vue de leur formation pour l’obtention du CAPES et du CAPET respectivement.
A tous ces problèmes s’ajoutent le blocage de tous les agents de l’État dont les enseignants à l’échelon 11 et un abattement drastique des pensions de retraite avec le nouveau mode de calcul introduit par le régime de la rupture.
Face à ce tableau très sombre, la journée du 05 octobre ne constitue pas un jour de fête pour les enseignants mais plutôt une journée de réflexion en vue de prise de décisions courageuses pour l’avenir. Les enseignants, sans distinction de chapelles syndicales et/ou politiques doivent donc se mettre ensemble pour défendre leur carrière et sauver le système éducatif béninois.
Nous devons agir pour rappeler au Président Patrice TALON qui a promis de rendre le métier d’enseignant plus attractif que c’est le secteur de l’éducation qui demeure le parent pauvre de la République au lieu d’être la priorité des priorités.
Agissons donc pour réclamer plus de considération pour le secteur de l’éducation et pour les enseignants.
Agissons pour refuser d’être complices de la destruction du système éducatif béninois.
Ensemble et unis, nous vaincrons.
VIVE L’ECOLE BENINOISE !
VIVE LES ENSEIGNANTS !
Fait à Cotonou, le 05 octobre 2025.
Pour le SNESTFP-BENIN,
*Le Secrétaire Général
Alexandre ADJINAN*
*EN ILLUSTRATION SA PHOTO*
*« Reversement des AME » de Messager Junior*
*Une lettre musicale adressée au Président de la République*
Les Aspirants au Métier d’Enseignant (AME) ont servi la République dans la précarité, soutenant l’école publique sans véritable reconnaissance. Dans la foulée, une voix s’est levée pour briser ce long silence, celle de Messager Junior, artiste engagé, qui signe une chanson en hommage à leur combat. À travers ce single, il prête sa voix à la Fédération Nationale des Collectifs des Enseignants Pré-Inserés du Bénin (FéNaCEPIB), comme un souffle artistique à une cause sociale devenue symbole d’injustice.
Le morceau reprend, presque mot pour mot, la lettre ouverte adressée au Président de la République par la FéNaCEPIB. Dans une atmosphère à la fois solennelle et populaire, la chanson déroule un texte vibrant de respect et de lucidité. « Une génération s’épuise dans l’attente… ceux qui avaient 43 ans portent déjà les traits du temps ». Cette phrase, désormais reprise comme un refrain de dignité, résume à elle seule le désarroi d’hommes et de femmes qui, depuis des années, espèrent leur reversement en Agents Contractuels de Droit Public de l’État (ACDPE).
*Un plaidoyer chanté pour la justice*
La FéNaCEPIB, soutenue par la COSI-Bénin, ne réclame pas une faveur mais une justice sociale : celle due à des enseignants ayant déjà cumulé plusieurs années de service. La chanson, loin des discours revendicatifs classiques, mise sur la douceur et l’émotion pour faire passer le message. « Ce n’est pas une chanson de colère, c’est une prière civique », confie Pierrot Akodjenou, l’un des porte-parole de la FéNaCEPIB. Là où les rapports administratifs se perdent dans les tiroirs, la musique touche les cœurs. Avec ce single, Messager Junior transforme la revendication en mouvement culturel et populaire, donnant un visage humain à une lutte souvent noyée dans les chiffres.
Désormais, sur les ondes et dans les rues, un même refrain s’élève. « Les enseignants AME se plaignent, que le Gouvernement se souvienne d’eux ». Un message simple, mais lourd de sens. Car dans cette chanson, ce ne sont pas seulement des voix qui s’expriment, c’est toute une génération d’enseignants oubliés qui demande, dignement, à être enfin entendue.
*Paroles de la chanson*
Monsieur le Président, Père de la Nation,
Permettez que ma voix s’élève aujourd’hui, non pas pour contester, mais pour supplier avec dignité.
Les Aspirants au Métier d’Enseignant ont servi avec patience, enseigné avec abnégation, et tenu debout malgré l’incertitude depuis bientôt sept (07) ans.
Oui, par la voix de leur faîtière la FéNaCEPIB, ils reconnaissent vos efforts : la gratuité de la scolarité pour les enfants des AME, l’augmentation des salaires, le contrat 12/12, et tant d’autres pas déjà franchis.
Mais, au bout du chemin,
ils attendent ce que tout enseignant mérite : un statut stable, une carrière digne, le reversement de tous les AME en ACDPE, ou, à défaut, de ceux qui ont déjà comptabilisé trois (03) années de service, comme annoncé par votre gouvernement depuis trois ans.
Car, Monsieur le Président, une génération s’épuise dans l’attente.
Ceux qui avaient 23 ans hier en ont déjà 30,
ceux qui avaient 33 ans tutoient la quarantaine,
et ceux de 43 ans portent déjà les traits du temps.
Monsieur le Président, c’est du bien-être de toute la Nation qu’il s’agit. Car, dans chaque famille, dans chaque concession, il y a au moins un AME.
Ils sont donc vos enfants !
À l’image des nombreux plaidoyers sereins et courtois de la Fédération Nationale des Collectifs des Enseignants Pré-Insérés du Bénin (FéNaCEPIB) à votre endroit, je (le je de l’artiste) viens, non pas en adversaire, mais en fils de cette Nation, pour défendre une cause noble, et réclamer justice sans heurts ni cris.
Gratitude infinie à la grande maison syndicale, notamment la Confédération des Organisations syndicales Indépendantes du Bénin (COSI-BENIN), qui, toujours présente aux côtés de la FéNaCEPIB, a été un soutien indéfectible pour les AME, les épaulant avec détermination et solidarité dans leur lutte pour une insertion digne dans la fonction publique, depuis l’instauration du système de pré-insertion.
*Source : https://
fraternite.bj/*
*PHOTO D’ILLUSTRATION*
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