« Le Port de Cotonou se porte mal » : Marouf Salami plaide pour un assainissement du secteur douanier.
des ventes aux enchères publiques.
Selon lui, plusieurs opérateurs acquièrent des marchandises sans disposer d'informations suffisantes sur leur contenu réel, ce qui engendre régulièrement des contestations et des pertes financières.
Le président de l'association dénonce également la multiplication des formalités administratives, les dysfonctionnements informatiques, les lenteurs dans le traitement des dossiers ainsi que les problèmes récurrents de connexion internet dans certaines structures.
Pour lui, ces obstacles nuisent considérablement à la compétitivité du Port de Cotonou face aux plateformes concurrentes de la sous-région.
La révision de l'arrêté interministériel de 2017 réclamée
Marouf Salami a par ailleurs appelé à une révision de l'arrêté interministériel du 10 juillet 2017 régissant certains aspects des opérations portuaires.
Il estime que plusieurs dispositions du texte ne répondent plus aux réalités actuelles du secteur et que certaines catégories d'opérations n'y sont pas suffisamment prises en compte.
Le responsable associatif plaide pour une large concertation impliquant l'ensemble des acteurs avant toute révision du cadre réglementaire.
« Si l'on veut obtenir un texte efficace et durable, il faut mettre tous les acteurs autour de la même table », a-t-il soutenu.
Des infrastructures jugées insuffisantes dans les parcs automobiles
Autre sujet de préoccupation : l'état des parcs de véhicules d'occasion.
Marouf Salami déplore les difficultés auxquelles sont confrontés quotidiennement les professionnels, notamment pendant la saison des pluies.
Il évoque des zones régulièrement inondées, des conditions de travail précaires et un manque d'entretien des infrastructures malgré les ressources financières mobilisées dans le cadre du système actuel.
Selon lui, ces conditions découragent de nombreux opérateurs économiques et contribuent à ternir l'image du corridor béninois.
L'espoir suscité par la réouverture de la frontière avec le Niger
Interrogé sur les récentes initiatives diplomatiques entreprises par les nouvelles autorités béninoises, Marouf Salami s'est montré optimiste.
Il estime que la normalisation progressive des relations avec le Niger et la réouverture effective de la frontière permettront un retour significatif des flux commerciaux vers le Port de Cotonou.
Le responsable associatif rappelle que le corridor béninois demeure l'une des voies les plus rapides et les plus avantageuses pour desservir plusieurs pays de l'hinterland.
« Les clients reviendront parce que le Port de Cotonou reste une plateforme stratégique incontournable », a-t-il déclaré.
Trois priorités pour rendre le Port plus compétitif
Pour conclure, Marouf Salami identifie trois actions prioritaires :
réduire les tracasseries administratives ;
accélérer les procédures de dédouanement ;
améliorer les infrastructures et les conditions de travail dans les parcs et plateformes logistiques.
Le président de l'Association des Jeunes Déclarants et Mandataires en Douane du Bénin affirme enfin sa disponibilité à accompagner les nouvelles autorités dans leur mission de modernisation du secteur.
« Nous sommes prêts à apporter notre contribution. Mais pour réussir, il faut écouter ceux qui vivent les réalités du terrain chaque jour », conclut-il.
Christ paterne HOUNHOUENOU
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