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Liberté de la presse au Bénin : entre dérives numériques et famine économique, l’analyse de Basile Tchibozo.

Par LTC Admin - 07/05/2026
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Liberté de la presse au Bénin : entre dérives numériques et famine économique, l’analyse de Basile Tchibozo.


À l’heure où la presse béninoise traverse une zone de turbulences, marquée par une chute dans les classements internationaux et une précarité économique endémique, Basile Tchibozo, conseiller à la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (Haac), rompt le silence. L’ancien patron de presse livre une analyse sans concession des maux qui minent le quatrième pouvoir et trace les perspectives d’une renaissance nécessaire.


Le recul du Bénin dans le baromètre mondial de la liberté de la presse, après avoir occupé la 21ᵉ place, ne laisse personne indifférent. Pour Basile Tchibozo, ce classement est un « rituel traditionnel » qu’il faut respecter, mais il appelle à une lecture lucide des causes. Il pointe notamment l’amalgame persistant entre le travail journalistique et les dérives du cyberespace. « Le code du numérique ne nous concerne pas en tant que journalistes ; il concerne tous ceux qui s’exposent sur le cyberespace », martèle-t-il. Il déplore que des cas d’activistes ou de web-activistes soient comptabilisés comme des atteintes à la liberté de la presse, faussant ainsi la perception réelle de l’écosystème médiatique béninois. Pour lui, le défi reste de s’entendre avec l’appareil judiciaire sur ce qui relève strictement du Code de l’information.


Mais au-delà des questions de liberté, c’est le ventre de la presse qui crie famine. Basile Tchibozo qualifie la situation économique des médias de « drame ». Pendant près d’une décennie, les entreprises de presse n’ont bénéficié ni de contrats publicitaires, ni d’abonnements, ni de l’aide de l’État. « Les journalistes béninois sont des héros », affirme-t-il, saluant leur résilience malgré une « précarité absolue ». Il lance un appel pressant au nouvel exécutif pour que la « prime à la démocratie » soit de nouveau payée à la presse. Selon lui, il est impératif de relancer les grands projets structurants : régie publicitaire commune, centrale d’achat et viabilité économique des groupes de presse afin de sortir de l’émiettement actuel.


Interrogé sur la « trêve politique » évoquée par le président de la Haac, Édouard Loko, Basile Tchibozo apporte une clarification sémantique majeure : « Il faut une distinction entre trêve politique et trêve médiatique. La trêve concerne les politiciens, pas la presse ». Pour lui, le tarissement de la parole politique doit obliger les rédactions à changer de paradigme en investissant les grands reportages et les thématiques sociales trop souvent délaissées.


Enfin, le conseiller identifie deux défis majeurs : l’intelligence artificielle et le basculement numérique. Avec l’autorisation imminente de 109 médias en ligne, la Haac entend assumer pleinement son rôle de protecteur et de régulateur dans un monde où la formation continue doit devenir la règle pour garantir la qualité de l’information.

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