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Marche vers l’ECO : la CEDEAO fixe 2027 pour le lancement de la monnaie unique ouest‑africaine

Par LTC Admin - 07/08/2026
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*Marche vers l’ECO*


*Le grand pari monétaire de  la CEDEAO*


*_Le projet de la monnaie unique ouest-africaine est de nouveau à l’ordre du jour. Ce rendez-vous monétaire des pays de l’espace CEDEAO pour le lancement de l’ECO est pris pour l’année 2027 selon la volonté affirmée des chefs d’État. L’objectif étant de remplacer progressivement le franc CFA et les autres monnaies nationales de l’espace par une monnaie communautaire. Mais en amont, et pour les quinze États concernés, quels sont les impacts politiques et socioéconomiques à surmonter?_*


Initialement prévu pour se concrétiser en 2020, ce projet de monnaie communautaire lancé en 2019 n’a pu aboutir. Il aura fallu attendre sept ans de mûre réflexion avant que les violons ne s’accordent sur la relance du projet.


*Un projet, des critères de convergence contraignants*


À l’occasion de la 69ème session ordinaire de la CEDEAO en Sierra Leone, les douze Chefs d’Etat ont fixé pour 2027, le lancement de l’ECO après le raté de 2020. Un projet auquel serait associé également le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Mais pour y parvenir, chaque pays doit remplir quatre critères de convergence copiés sur le modèle occidental et jugés contraignants :  

*- Un déficit budgétaire* ≤ 3% du PIB;  

*- Une inflation* ≤ 10%; 

*- Un financement du déficit* par la Banque Centrale ≤ 10% des recettes fiscale;

*- Des réserves de change* ≥ 3 mois d’importations. Des critères dont le remplissage paraîtrait bien difficile et qui mériterait que les Chefs d’État les révisent. 


Sur le principe par contre, l’ECO sera la monnaie commune de 15 États, avec un taux de change flexible, une banque centrale ouest-africaine et l’arrêt du dépôt des réserves de change auprès du Trésor français pour les huit pays de l’UEMOA utilisant le franc CFA.


*Un choix, des impacts*


A l’analyse, le choix de la monnaie communautaire aura à coup sûr des impacts. 


*- Au plan économique*  

L’ECO devrait faciliter le commerce intra-communautaire. Les entreprises gagneraient en compétitivité. La circulation des biens va s’accélérer. On assistera à la fin des frais de change entre les ressortissants francophones et anglophones. Le fait marquant sera évidemment pour les pays membres de l’espace économique, la reprise de la souveraineté monétaire synonyme d’indépendance monétaire surtout pour les pays utilisant le franc CFA. Ce qui permettra à chaque pays d’utiliser la dévaluation comme un outil de politique économique, comme le font le Nigeria ou le Ghana avec leur monnaie respective : le Naira et le Cedi.


*- Au plan monétaire*  

La principale question qui hante est sur la parité. L’ECO sera-t-il arrimé à l’Euro comme le CFA ? À cette question bien embarrassante, la CEDEAO envisagerait un régime de change flottant géré. Toute chose qui signifierait pour les ménages, une possible volatilité des prix à court terme pendant la période de transition.


*- Au plan politique*  

L’avènement de l’ECO sera à ne point en douter, perçu comme un très grand symbole de souveraineté et d’indépendance vis-à-vis de l’ancienne puissance coloniale. Et ceci surtout pour les pays de la Communauté utilisant le franc CFA. C’est aussi un acte majeur qui consacre l’intégration au niveau des États membres. Une indépendance monétaire exigeant évidemment une discipline budgétaire commune et un abandon de souveraineté monétaire au profit de la future Banque centrale de la CEDEAO.


*Des défis à relever d’ici 2027*

Trois défis majeurs doivent être relevés : la gouvernance de la banque centrale, les questions de convergence et de confiance.  


*- La gouvernance* : elle se rapporte à la mise en place de la Banque centrale de la CEDEAO d’une part et d’autre part,  définir clairement qui décidera de la politique monétaire.


*- La convergence* : à cause de la multiplicité monétaire dans l’espace communautaire, les économies y sont très hétérogènes à l’image par exemple du Naira, une monnaie très volatile face au franc CFA, une monnaie stable. Et se pose alors la question de comment les harmoniser ?

  

*- La confiance* : sur ce tableau, ce qui est attendu des populations, c’est leur adhésion à la nouvelle monnaie. À ce niveau, la communication et la lutte contre la spéculation seront cruciales pour éviter une flambée des prix.  


*Que retenir ?*

Avec l’ECO en 2027, c’est la naissance d’un grand marché de 400 millions de consommateurs avec une seule monnaie. C’est inévitablement une opportunité pour le commerce et l’intégration. Mais c’est aussi le pari d’une rigueur budgétaire et d’une confiance collective à construire. Le Bénin, membre de l’UEMOA, est directement concerné et devra adapter ses entreprises et son administration à ce nouveau cadre.


La réussite ou l’échec de ce projet dépend de la volonté des États à faire les réformes nécessaires dès 2026 pour une intégration monétaire inclusive. 2027, c’est dans un an. Aussi, faudrait-il accélérer le processus qui aboutirait à l’avènement de l’ECO.  


*Kolawolé Maxime SANNY*

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