Le Niger a vécu ce jeudi une journée de terreur et de résistance. Dès l’aube, à 06h00 précises, des assaillants lourdement armés ont tenté de forcer l’entrée de l’aéroport international Diori Hamani de Niamey. Déguisés en militaires et dissimulés dans deux véhicules de type taxi, ils ont ouvert le feu au poste de contrôle, déclenchant une série d’affrontements qui ont plongé la capitale dans l’horreur.
Pendant près de deux heures, les échanges de tirs ont opposé les forces de défense et de sécurité (FDS) aux assaillants. Selon des sources sécuritaires, au moins quatre agents ont perdu la vie, tandis que plusieurs terroristes ont été neutralisés. Un groupe d’assaillants, retranché dans un bâtiment douanier, a été repoussé par les unités d’élite, avant que l’armée n’engage des opérations de ratissage.
Vers 08h00, les survivants se sont dispersés dans les quartiers environnants. C’est alors que la population de Niamey s’est levée. Armés de bâtons et de coupe‑coupes, les habitants des quartiers Route Tchanga et Talladjé ont traqué les fuyards aux côtés des militaires. Plusieurs assaillants ont été capturés ou abattus grâce à cette mobilisation populaire. À 10h00, le calme était revenu, même si des tirs sporadiques liés aux opérations de ratissage se faisaient encore entendre.
Cette attaque est la deuxième en moins de six mois contre l’aéroport de Niamey. En janvier 2026, l’État islamique au Sahel (EIS) avait revendiqué une opération similaire contre l’aéroport et la base aérienne attenante. La veille de l’attaque du 18 juin, des assauts coordonnés avaient déjà frappé les bases militaires de Banibangou et Inates dans la région de Tillabéri, faisant plusieurs dizaines de victimes.
Face à cette nouvelle offensive, le président de la transition, le Général Abdourahamane Tiani, a réagi avec fermeté, saluant l’appui des « partenaires russes » et annonçant l’ouverture d’une enquête approfondie. L’aéroport est resté paralysé, les liaisons aériennes suspendues et la zone placée sous haute surveillance militaire.
Au‑delà du drame, ce 18 juin restera marqué par la symbiose entre l’armée et la population. La riposte populaire a joué un rôle décisif dans la neutralisation des assaillants. Dans un contexte sahélien où les insurrections djihadistes liées à Al‑Qaïda et à l’État islamique continuent de faire des milliers de victimes, l’attaque de Niamey illustre à la fois la fragilité sécuritaire et la résilience d’un peuple déterminé à défendre sa souveraineté.
Les champs obligatoires sont indiqués avec *