Le président nigérian Bola Ahmed Tinubu a procédé ce vendredi à un remaniement majeur au sommet de l’appareil militaire, mettant fin aux fonctions des chefs de l’armée de terre, de l’air, de la marine ainsi que du chef d’état-major de la Défense. Cette décision intervient dans un climat de tension, marqué par l’arrestation récente de seize officiers supérieurs soupçonnés d’avoir fomenté une tentative de renversement du pouvoir exécutif.
Les officiers interpellés, dont les grades s’échelonnent du capitaine au général de brigade, auraient envisagé de profiter du défilé du 1er octobre — prévu pour célébrer le 65e anniversaire de l’indépendance du Nigeria — pour mettre à exécution leur plan. Ces allégations ont été catégoriquement réfutées par les autorités militaires et gouvernementales, qui évoquent plutôt une « procédure disciplinaire » pour justifier les arrestations.
Dans un communiqué officiel, le président Tinubu a affirmé : « J’ai approuvé des changements au sein de la hiérarchie de nos forces armées afin de renforcer davantage l’architecture de la sécurité nationale du Nigeria », niant ainsi toute tentative de coup d’État. Ce remaniement est perçu par plusieurs observateurs comme une manœuvre stratégique visant à neutraliser d’éventuelles velléités de déstabilisation, tout en sanctionnant l’inefficacité des responsables militaires dans la gestion des défis sécuritaires.
Depuis plus d’une décennie, le Nigeria est confronté à une insurrection jihadiste persistante dans le nord-est du pays, menée par le groupe Boko Haram et sa faction dissidente, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). Bien que l’intensité des violences ait diminué par rapport au pic observé il y a dix ans, les attaques continuent de frapper les zones rurales, et plusieurs experts alertent sur une recrudescence des actes terroristes en 2025.
Ce remaniement militaire, inédit par son ampleur, pourrait marquer un tournant dans la stratégie sécuritaire du Nigeria, alors que le pays cherche à restaurer la confiance dans ses institutions et à renforcer la stabilité nationale face aux menaces internes et régionales
Les champs obligatoires sont indiqués avec *