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Pénurie de carburant au Bénin : le gouvernement évoque des réserves de trois à six mois et rassure les consommateurs

Par LTC Admin - 19/10/2026
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Carburant au Bénin : le gouvernement rassure et évoque des réserves pouvant couvrir trois à six mois


Face aux files d’attente observées dans plusieurs stations-service, notamment dans le nord du pays, le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, écarte l’hypothèse d’une pénurie nationale. Il affirme que le Bénin dispose désormais de stocks de carburant pouvant couvrir trois à six mois et appelle les distributeurs à améliorer la régularité de l’approvisionnement.


Les files d’attente observées ces derniers jours devant plusieurs stations-service au Bénin suscitent des interrogations chez les consommateurs. Face aux inquiétudes liées à la disponibilité des produits pétroliers, le gouvernement se veut rassurant. Invité de l’émission Face à l’actualité, diffusée le dimanche 18 octobre 2026 sur la Société de radiodiffusion et de télévision du Bénin (SRTB), le ministre et porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a assuré que la situation ne traduisait pas une pénurie nationale de carburant.


Selon lui, le pays dispose aujourd’hui de réserves susceptibles de couvrir une période de trois à six mois, contre environ un mois dans le meilleur des cas auparavant. Le porte-parole présente cette évolution comme le résultat des réformes engagées dans le secteur de la distribution des produits pétroliers et du développement des stations-service modernes sur le territoire national.


Des réserves renforcées malgré les tensions dans les stations-service


Pour Wilfried Léandre Houngbédji, les difficultés d’approvisionnement constatées dans certaines localités ne doivent pas être confondues avec une rupture générale des stocks disponibles. Il met plutôt en avant les capacités de stockage dont disposerait désormais le Bénin pour faire face aux besoins du marché.


Le porte-parole attribue cette évolution à une politique volontariste de modernisation du secteur pétrolier, marquée notamment par le développement d’infrastructures de distribution plus modernes. À ses yeux, les réformes entreprises ont contribué à renforcer la capacité du pays à sécuriser son approvisionnement en carburant.


Cette assurance gouvernementale intervient toutefois dans un contexte où les automobilistes et les conducteurs de deux-roues ont été confrontés à des files d’attente devant certaines stations-service. Pour les usagers, la question essentielle demeure celle de la disponibilité effective du carburant au moment où ils en ont besoin, sans attente excessive ni perturbation de leurs activités quotidiennes.




Le gouvernement met la pression sur les distributeurs


Face à la persistance des files d’attente, le ministère de l’Industrie et du Commerce a organisé, le mercredi 14 octobre 2026 à Cotonou, une réunion d’urgence avec les acteurs de la distribution pétrolière. La rencontre s’est tenue sous la direction du directeur de cabinet du ministère, Laurent Akpo, en présence du directeur général des Dépôts pétroliers du Bénin, Sosthène Mesmin Hounsou.


À l’issue des échanges, un délai de 48 heures a été accordé aux opérateurs afin de rétablir un approvisionnement normal sur l’ensemble du territoire national. En contrepartie, l’État s’est engagé à alléger et à accélérer les formalités administratives nécessaires à leurs activités.


Revenant sur cette démarche, Wilfried Léandre Houngbédji a expliqué que le gouvernement attendait davantage de diligence de la part de ses partenaires. Selon lui, ces opérateurs ne seraient pas confrontés à des difficultés justifiant les perturbations constatées. La réunion d’urgence visait donc à les amener à revoir leur manière de gérer la situation et à améliorer la qualité du service offert aux consommateurs.


Cette intervention traduit la volonté des autorités de ne pas laisser les difficultés de distribution s’installer durablement. Elle met également en évidence l’importance de la coordination entre l’administration publique et les opérateurs privés pour garantir la continuité de l’approvisionnement en produits pétroliers.


Le marché parallèle au cœur des explications avancées


Pour expliquer l’affluence observée dans les stations-service officielles, le porte-parole du gouvernement a également évoqué les habitudes d’approvisionnement des consommateurs. Selon les chiffres qu’il a avancés, près de 70 % des consommateurs d’essence et de gazole s’approvisionneraient habituellement sur le marché parallèle.


Or, lorsque le carburant vendu de manière informelle, communément appelé « kpayo », devient plus cher, les usagers sont davantage incités à se tourner vers les stations-service officielles. Ce déplacement de la demande pourrait ainsi contribuer à l'allongement des files d’attente, même en l’absence d’une pénurie nationale.


Cette explication met en lumière le rôle du marché informel dans l’équilibre de la distribution des produits pétroliers au Bénin. Elle souligne également la nécessité de disposer d’un réseau officiel capable d’absorber les variations de la demande, notamment lorsque les conditions économiques rendent les stations-service plus attractives pour les consommateurs.


Le porte-parole a néanmoins relativisé l’ampleur des désagréments, affirmant que les files d’attente avaient atteint, dans les situations les plus difficiles, environ 50 à 100 mètres. Une appréciation qui ne saurait toutefois rendre compte, à elle seule, de la situation dans toutes les localités concernées.


Une hausse des prix présentée comme un arbitrage en faveur des consommateurs


La question du prix du carburant a également occupé une place importante dans les explications du porte-parole. Wilfried Léandre Houngbédji estime que la hausse appliquée a été contenue dans des proportions qu’il juge relativement acceptables, compte tenu des contraintes de la conjoncture.



Il affirme que les prix auraient pu être relevés davantage, mais que le chef de l’État a privilégié un arbitrage destiné à limiter les conséquences pour les consommateurs béninois. Selon les propos rapportés par le porte-parole, Romuald Wadagni aurait demandé à la ministre du Commerce de ne pas appliquer une augmentation correspondant à toute l’ampleur des contraintes économiques.


Cette démarche est présentée par le gouvernement comme une volonté de concilier les impératifs du secteur pétrolier avec la préservation du pouvoir d’achat des ménages. Dans un contexte où le coût du transport influence directement les dépenses quotidiennes, la maîtrise du prix des produits pétroliers demeure en effet un enjeu économique et social majeur.


Au-delà des assurances, le défi de la disponibilité effective


Si le gouvernement affirme que le Bénin dispose de réserves importantes, la situation actuelle rappelle que la sécurité des stocks ne suffit pas, à elle seule, à garantir un approvisionnement fluide. La disponibilité du carburant dépend également de la capacité à acheminer les produits, à organiser leur distribution et à répondre rapidement aux besoins des différentes localités.


Les prochaines semaines permettront donc d’apprécier les effets des mesures annoncées par les autorités, notamment le délai accordé aux distributeurs pour normaliser la situation. Pour les consommateurs, l’attente est claire : pouvoir accéder au carburant dans des conditions normales, sans files d’attente prolongées et sans pression supplémentaire sur leurs dépenses.


En mettant en avant des réserves pouvant couvrir plusieurs mois, Wilfried Léandre Houngbédji entend dissiper les craintes d’une pénurie généralisée. Il reste désormais aux acteurs du secteur à traduire ces assurances en une amélioration concrète et durable de la distribution sur l’ensemble du territoire national.


Youssouf AVOCEGAMOU

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