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Port de Cotonou : l’AJDMDB dénonce les blocages dans les opérations et réclame un renforcement du suivi

Par LTC Admin - 21/09/2026
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Port de Cotonou : l’AJDMDB dénonce les blocages dans les opérations et réclame un renforcement du suivi


Le Port autonome de Cotonou demeure au cœur de la stratégie du Bénin visant à renforcer son attractivité économique et à attirer davantage d’investisseurs et de partenaires commerciaux. Mais sur le terrain, certains professionnels de la chaîne portuaire estiment que des difficultés persistent et affectent le déroulement des opérations. Dans une intervention consacrée au fonctionnement de la plateforme portuaire, Marouf Salami, président de l’Association des Jeunes Déclarants en Douane et Mandataires du Bénin (AJDMDB), a exposé plusieurs préoccupations relatives aux délais, aux pénalités, au traitement des conteneurs, aux frais supplémentaires ainsi qu’à l’organisation des transitaires mandataires.


Pour le responsable de l’association, les ambitions affichées pour le développement du Port autonome de Cotonou doivent nécessairement être accompagnées d’une amélioration des conditions de travail des différents acteurs qui interviennent quotidiennement sur la plateforme.


Des délais d’attente qui pénaliseraient les opérateurs


Parmi les principales difficultés évoquées par Marouf Salami figure la durée des opérations liées aux camions et aux marchandises.


Selon lui, un camion destiné à charger une marchandise peut parfois attendre plusieurs jours avant même d’entrer sur la plateforme portuaire. Une fois à l’intérieur, l’attente pourrait encore se prolonger avant le chargement effectif.


Le président de l’AJDMDB déplore notamment des situations dans lesquelles les appels destinés à faire entrer les camions devraient être répétés plusieurs fois avant que le véhicule ne soit effectivement autorisé à accéder à l’intérieur du port.


Cette situation, estime-t-il, peut avoir des conséquences financières importantes pour les clients, puisque les pénalités continuent de courir pendant que les opérations prennent du retard.


« Un camion qui rentre pour charger une marchandise peut faire deux à trois jours avant de rentrer. Une fois à l’intérieur, ce camion peut faire des jours et des semaines avant de charger », a-t-il expliqué.


Pour l’AJDMDB, ces délais constituent une difficulté majeure dans une plateforme qui ambitionne de renforcer sa compétitivité et son attractivité.


Bénin Terminal également cité


Marouf Salami s’est également attardé sur les difficultés qu’il dit observer dans le traitement de certains conteneurs au niveau de Bénin Terminal.


Selon lui, un opérateur peut avoir achevé les formalités nécessaires et solliciter ensuite le positionnement de son conteneur sans que celui-ci ne soit traité dans les délais attendus.


Cette situation serait particulièrement préoccupante lorsque le conteneur est soumis à des frais supplémentaires liés au stationnement et au gardiennage.


Le président de l’AJDMDB estime ainsi que certains clients peuvent se retrouver à supporter des pénalités alors même qu’ils auraient déjà accompli les formalités nécessaires.


Pour lui, la question mérite une attention particulière, car les conséquences financières peuvent s’accumuler rapidement lorsque le traitement d’un conteneur prend du retard.


Des coûts supplémentaires dénoncés


Au-delà des délais, l’AJDMDB attire l’attention sur les différentes charges susceptibles de s’ajouter au coût des opérations.


Marouf Salami cite notamment les pénalités, les frais de gardiennage et certaines cautions liées aux conteneurs contenant des véhicules.


Selon ses explications, lorsqu’un client dispose de plusieurs conteneurs comprenant notamment des véhicules, certaines opérations nécessitent le dépôt préalable d’une caution. Le montant de cette caution dépendrait de la catégorie ou de la gamme des véhicules concernés.


Le problème, selon lui, survient lorsque l’opérateur a effectué les démarches nécessaires, mais que le positionnement du conteneur n’intervient pas dans les délais prévus.


Dans ce cas, la période de validité de la caution peut arriver à son terme alors que l’opérateur attend toujours le traitement de son conteneur.


« Le client ne peut pas payer pour quelque chose qu’il n’a pas fait », soutient Marouf Salami, qui demande une meilleure prise en compte des situations dans lesquelles les retards ne seraient pas imputables aux opérateurs.


Des démarches engagées auprès des autorités


Face à ces difficultés, l’AJDMDB affirme ne pas être restée sans réaction.


Marouf Salami indique que son organisation a saisi plusieurs autorités et structures concernées par les opérations portuaires. Il cite notamment le ministère de l’Économie et des Finances ainsi que des responsables de l’administration douanière, du Port autonome de Cotonou et des structures intervenant dans la chaîne portuaire.


Selon lui, ces démarches visent principalement à faire remonter les difficultés rencontrées sur le terrain et à rechercher des solutions permettant d’éviter que les clients et les professionnels supportent des coûts liés à des blocages dont ils ne seraient pas responsables.


L’objectif affiché est de favoriser une meilleure coordination entre les différents intervenants et de permettre une réaction plus rapide lorsque des difficultés apparaissent.



place d’une plateforme regroupant les informations relatives aux professionnels régulièrement établis.


Chaque acteur pourrait ainsi disposer d’un badge permettant son identification et son accès aux différents espaces où son activité l’autorise à intervenir.


Selon l’AJDMDB, cette mesure permettrait également de mieux distinguer les professionnels régulièrement installés des personnes qui interviennent ponctuellement dans le secteur.


Une base de données pour mieux contrôler les accès


L’idée défendue par l’association est de mettre en place une véritable base de données des transitaires mandataires.


Le principe serait simple : seules les personnes régulièrement enregistrées et identifiées pourraient exercer dans le cadre défini par les autorités compétentes.


Pour Marouf Salami, un tel dispositif permettrait également de renforcer la traçabilité des acteurs présents sur la plateforme et de limiter les interventions de personnes ne répondant pas aux mêmes exigences professionnelles.


L’association estime que cette organisation pourrait contribuer à assainir davantage le secteur tout en offrant une meilleure visibilité sur les professionnels qui y travaillent.


La question de l’emploi des jeunes en toile de fond


Derrière cette revendication professionnelle se pose également, selon l’AJDMDB, la question de l’emploi des jeunes Béninois.


Marouf Salami estime que le secteur portuaire offre des possibilités d’activité, mais que ces opportunités doivent pouvoir bénéficier aux professionnels béninois régulièrement établis.


Il rejette toutefois l’idée selon laquelle cette démarche constituerait une forme de rejet des travailleurs étrangers. Selon lui, il s’agit avant tout d’organiser le secteur et de permettre aux professionnels régulièrement établis d’exercer leur activité dans un cadre clairement défini.


L’AJDMDB souhaite ainsi que le recensement et la création d’une plateforme d’identification permettent de mieux connaître les différents intervenants et de disposer d’une meilleure visibilité sur les activités exercées.


Pour une meilleure cohérence entre les ambitions et la réalité du terrain


Au fond, le message de l’AJDMDB porte sur la nécessité de rapprocher les ambitions affichées pour le Port autonome de Cotonou des réalités vécues quotidiennement par les professionnels.


Pour Marouf Salami, les efforts visant à attirer les investisseurs et à développer l’activité portuaire doivent être accompagnés par une amélioration continue des opérations.


La compétitivité d’une plateforme portuaire ne dépend pas uniquement de ses infrastructures ou du volume de marchandises qu’elle peut accueillir. Elle repose également sur la fluidité des opérations, la rapidité du traitement des dossiers, la maîtrise des coûts et la capacité des différents acteurs à résoudre rapidement les difficultés.


C’est dans cette logique que l’AJDMDB appelle à davantage de dialogue entre les autorités, les gestionnaires de la plateforme et les professionnels.


« Une seule main n’applaudit pas »


Malgré les critiques formulées, Marouf Salami assure que les transitaires mandataires restent disposés à accompagner les efforts engagés pour le développement du Bénin.


« Une seule main n’applaudit pas », a-t-il résumé, appelant à une collaboration entre les pouvoirs publics et les acteurs de terrain.


Pour l’AJDMDB, les professionnels ne souhaitent pas se placer dans une logique d’opposition aux autorités. Ils veulent, selon leur président, être associés davantage aux mécanismes de réflexion et de suivi afin que les difficultés rencontrées dans les opérations puissent être remontées et traitées plus rapidement.


Le message est donc celui d’un appel au dialogue, mais aussi à l’action. Alors que le Bénin cherche à consolider la place de son port dans les échanges régionaux, les acteurs de la chaîne portuaire souhaitent que les réformes engagées soient accompagnées d’un suivi régulier et d’une meilleure prise en compte des réalités du terrain.


L’enjeu reste celui d’une plateforme portuaire plus fluide, plus lisible et plus efficace pour l’ensemble des acteurs de la chaîne logistique.

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