Report du Conseil National des Démocrates :
Manœuvre tactique ou signe de tensions internes ?
Le report à répétition du Conseil national du parti Les Démocrates, initialement prévu le 11 octobre 2025 puis repoussé au 12, et désormais annoncé pour le 13, ne peut être interprété comme un simple contretemps logistique. Il s’inscrit dans une dynamique politique plus complexe, où chaque geste, chaque délai, chaque silence est porteur de sens.
. Une stratégie de temporisation maîtrisée
Le parti semble vouloir garder la main sur le tempo politique, en retardant volontairement l’annonce de son duo présidentiel.
Ce décalage permet de sonder les équilibres internes, de consolider les alliances, et de neutraliser les tensions qui pourraient surgir d’une désignation précipitée.
En repoussant l’échéance, Les Démocrates occupent l’espace médiatique sans livrer leurs cartes, maintenant ainsi le suspense et l’attention.
2. Un révélateur des rapports de force internes
Le fait que les concertations se tiennent au domicile de Boni Yayi, figure tutélaire du parti, indique que les arbitrages se jouent dans un cercle restreint, loin des instances formelles.
Cela pourrait traduire une centralisation du pouvoir décisionnel, mais aussi une volonté de préserver l’unité en amont d’un choix potentiellement clivant.
. Un timing calé sur l’agenda institutionnel
Le report intervient alors que la CENA a ouvert le dépôt des déclarations de candidatures, ce qui donne au parti une fenêtre stratégique pour ajuster son positionnement.
En retardant l’annonce, Les Démocrates peuvent observer les mouvements adverses, jauger les rapports de force, et adapter leur offre politique en conséquence
. Risques et dividendes politiques
Risque : À force de temporiser, le parti pourrait donner l’image d’un manque de clarté ou d’un leadership hésitant.
Dividende : Si le duo annoncé incarne à la fois l’unité, la légitimité et la capacité de mobilisation, ce délai sera perçu comme une maturation stratégique, non comme une faiblesse.
Ce report n’est pas un accident. C’est une manœuvre. Reste à savoir si elle débouchera sur une désignation consensuelle et mobilisatrice, ou si elle révélera des fractures internes. Dans tous les cas, le parti joue une partition à plusieurs niveaux : interne, symbolique, et institutionnelle.
Christ paterne HOUNHOUENOU
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