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Rogatien Frédéric Alapini : pilote panafricaniste et défenseur de la vérité cartographique

Par LTC Admin - 11/09/2026
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*Portrait/Rogatien F. Alapini, le pilote qui refuse les cartes faussées de l’histoire*



_Pilote, officier, chercheur et militant panafricaniste, Rogatien Frédéric Alapini conjugue depuis près de quarante ans expertise technique, engagement démocratique et devoir de mémoire. Son analyse de la résolution «Correct the Map» révèle le combat constant d’un patriote déterminé à défendre la véritable place de l’Afrique dans le monde et dans l’Histoire._


Rogatien Frédéric Alapini n’observe pas le monde seulement depuis la terre ferme. Pilote de formation, il appartient à cette catégorie d’hommes pour lesquels une carte n’est pas une simple illustration accrochée au mur. Elle est un instrument de navigation, de précision et de compréhension de l’espace.


Diplômé de l’École nationale de l’aviation civile, ancien pilote de ligne, instructeur et ingénieur conseil, selon les éléments biographiques publiés à son sujet, Alapini a construit son parcours au croisement de l’aéronautique, de la recherche et de l’engagement citoyen. Son expérience de pilote explique sans doute la sensibilité particulière avec laquelle il a accueilli la résolution A/80/L.104 adoptée le 4 septembre 2026 par l’Assemblée générale des Nations unies. Dans un texte au titre volontairement provocateur, «Make America Small Again !», il salue ce qu’il considère comme la réparation d’une injustice cartographique vieille de plusieurs siècles.


*L’ONU et la carte du monde*

La résolution intitulée « Correct the Map » a été portée par le Togo au nom du Groupe africain et soutenue par l’Union africaine. Elle a recueilli 164 voix favorables, contre une seule, celle des États-Unis, tandis que six pays se sont abstenus.


Contrairement à certaines formulations rapidement reprises, l’ONU n’a pas modifié les frontières des États ni imposé un planisphère universel obligatoire. Le texte encourage plutôt les gouvernements, les établissements scolaires, les médias, les organisations internationales et les entreprises technologiques à utiliser des projections cartographiques respectant davantage les superficies réelles, notamment lorsque la comparaison des tailles est essentielle.


La résolution vise particulièrement les distorsions produites par la projection de Mercator. Conçue au XVIe siècle pour faciliter la navigation, celle-ci conserve les angles et les directions, mais agrandit les territoires situés loin de l’équateur. L’Afrique, proche de celui-ci, apparaît ainsi beaucoup plus petite qu’elle ne l’est par rapport au Groenland, à l’Europe, à la Russie ou à l’Amérique du Nord.


Le texte ne condamne donc pas Mercator comme outil technique. Il remet en cause son usage presque automatique comme représentation générale du monde. C’est précisément cette nuance que défend Alapini dans son analyse.


*Une bataille de perception*

Pour Rogatien Frédéric Alapini, la cartographie n’est jamais totalement innocente. La place accordée à un continent sur une carte peut influencer la manière dont les peuples perçoivent sa puissance, son importance et sa place dans l’Histoire. Son expression « Make America Small Again ! » relève de la satire. Elle détourne un slogan politique américain pour dénoncer la surreprésentation visuelle des territoires du Nord. Il ne s’agit pas, au sens strict, de rapetisser les États-Unis, mais de les ramener à des proportions cartographiques plus justes.


L’ancien pilote rappelle également que le problème ne vient pas de l’existence de la projection de Mercator. Celle-ci reste utile pour certains usages, particulièrement en navigation. Ce qu’il juge problématique, c’est son maintien pendant des décennies comme planisphère de référence pour le grand public, alors que d’autres projections permettent de mieux respecter les superficies réelles. Cette lecture peut paraître sévère. Elle traduit toutefois une préoccupation constante chez l’homme : retrouver derrière les représentations dominantes ce qui a été déformé, minimisé ou volontairement effacé.


*Un homme de mémoire et de vigilance*

L’engagement de Rogatien Frédéric Alapini ne commence pas avec la bataille des cartes. En 1987, il fonde le Groupe d’études et d’actions Perspectives, plus connu sous le nom de GEA Perspectives. L’organisation inscrit son action dans la défense des valeurs démocratiques, la veille citoyenne et la promotion du travail vertueux.


Alapini revendique aussi une participation active au processus ayant conduit à la Conférence nationale des forces vives de février 1990. Il affirme avoir pris part aux assises comme conférencier et avoir contribué à différentes productions politiques et techniques, notamment un avant-projet de Constitution. Son engagement public s’est poursuivi au fil des décennies, jusqu’à l’annonce, en 2013, de sa candidature à l’élection présidentielle béninoise de 2016. Le chercheur et militant revient régulièrement sur les grandes pages de l’histoire africaine : la guerre du Biafra, les martyrs du 16 janvier 1977, la Conférence nationale du Bénin, la souveraineté économique ou encore l’indépendance diplomatique du continent.


Un même fil relie ces interventions : le refus de l’amnésie.



*Le patriotisme comme boussole*

Chez Rogatien Frédéric Alapini, le patriotisme n’est pas une formule de circonstance. Il se présente comme une exigence de mémoire, de souveraineté et de responsabilité. Ses textes invitent les Africains à ne plus abandonner à d’autres le soin d’écrire leur histoire, de représenter leur continent ou de définir leur place dans le monde. Cette conviction explique son enthousiasme devant la résolution A/80/L.104. La correction cartographique devient, sous sa plume, une victoire culturelle et politique. Elle rappelle que les représentations visuelles peuvent participer aux rapports de domination autant que les discours, les institutions ou les systèmes économiques.


Son analyse n’est pas exempte de formules tranchantes. L’image de «la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf» traduit un goût assumé pour la provocation intellectuelle. Mais derrière cette ironie apparaît une pensée structurée : les outils techniques doivent être interrogés lorsqu’ils façonnent durablement l’imaginaire collectif.


*Le pilote et le sens de l’Histoire*

Rogatien Frédéric Alapini apparaît ainsi comme un homme à plusieurs dimensions : pilote habitué à lire les cartes, chercheur soucieux de comprendre les mécanismes du monde, intellectuel porté vers la controverse et patriote attaché à la souveraineté africaine. Son parcours révèle surtout une remarquable constance. Depuis près de quatre décennies, il alerte, questionne, revendique et refuse les récits trop facilement établis. Il peut susciter l’adhésion ou la contradiction, mais rarement l’indifférence.



En saluant la résolution « Correct the Map », Alapini ne célèbre pas seulement une nouvelle manière de dessiner les continents. Il rappelle que rendre justice à l’Afrique commence aussi par la montrer telle qu’elle est : immense, centrale et profondément présente dans l’histoire du monde.


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