Au Togo, le Port autonome de Lomé connaît depuis le début de la semaine une paralysie partielle de ses activités. À l’origine, une grève de 72 heures déclenchée par le Syndicat des Agents du Port autonome de Lomé (Syapal), qui dénonce l’absence de réponses satisfaisantes à ses revendications. Ce mouvement social, annoncé depuis plusieurs semaines, intervient après l’échec des discussions engagées avec la direction générale et l’Inspection du travail.
Un premier préavis de grève avait été déposé début juin, avant d’être suspendu pour laisser place à un délai de grâce d’un mois accordé à l’administration. Mais à l’expiration de ce délai, le syndicat a jugé les réponses insuffisantes et a déposé un nouveau préavis fin juillet. Dans ce document, le Syapal accuse la direction de « mauvaise foi » et qualifie les échanges de « simulacre de dialogue social ».
Les revendications des travailleurs portent sur douze points essentiels, parmi lesquels l’établissement d’un statut clair pour le personnel, le respect des pauses et du repos hebdomadaire, la prise en compte des congés annuels et des primes correspondantes, la rémunération des heures supplémentaires, l’affiliation des dockers occasionnels à la Caisse nationale de sécurité sociale, ainsi que l’application de l’accord collectif d’établissement. Le syndicat réclame également des primes de salissure et de manutention, une meilleure reconnaissance de l’ancienneté et une révision des classifications professionnelles.
Face à ce blocage, le Syapal affirme avoir multiplié les démarches, notamment par des rappels adressés à la direction en juin et juillet, sans obtenir de résultats probants. Le syndicat annonce par ailleurs son intention de saisir la justice pour obtenir réparation des préjudices liés à la violation présumée du statut particulier du personnel.
Pour l’heure, le directeur général du Port autonome de Lomé, Kokou Edem Tengue, nommé récemment, n’a pas encore réagi publiquement. Toutefois, des sources proches de l’administration indiquent que des dispositions sont en cours pour renouer le dialogue avec les représentants syndicaux et tenter de mettre fin à la grève.
Cette crise sociale au cœur de la principale plateforme portuaire du pays met en lumière les tensions persistantes entre les travailleurs et la direction, et pose la question de la gouvernance sociale dans un secteur stratégique pour l’économie togolaise.
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