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Transition politique au Bénin : un geste discret de Lomé vers Cotonou ouvre la voie au dialogue

Par LTC Admin - 15/05/2026
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*Relations Bénin-Togo*  


*Un appel discret de Faure Gnassingbé à Romuald Wadagni relance l’espoir d’un apaisement*


*Le président du Conseil du Togo, Faure Gnassingbé, aurait pris contact avec Romuald Wadagni pour le féliciter après son élection à la présidence du Bénin. L’information, rapportée le 14 mai 2026 par _Africa Intelligence_, n’a fait l’objet d’aucune communication officielle à ce stade.  Selon la même source, l’appel aurait eu lieu à la mi-avril, peu après la proclamation des grandes tendances du scrutin par la Commission électorale nationale autonome (CENA). Ni la présidence du Conseil togolais ni l’entourage de Romuald Wadagni n’ont confirmé l’échange. Ses modalités et son contenu restent inconnus. S’il est avéré, ce geste pourrait constituer un premier signal d’apaisement entre Cotonou et Lomé, vu que les relations se sont nettement dégradées ces dernières années._*


*Une élection sans contestation*  

Romuald Wadagni a remporté l’élection présidentielle du 12 avril 2026 avec 94,05 % des suffrages exprimés. Son adversaire, Paul Hounkpè, candidat des Forces Cauris pour un Bénin émergent (FCBE), ayant obtenu 5,95 % des voix et reconnu sa défaite. La Cour constitutionnelle a confirmé les résultats définitifs le 23 avril 2026, sans recours, pour un taux de participation de 63,55 %.  

Soutenu par l’Union progressiste le renouveau (UPR) et le Bloc républicain (BR), Romuald Wadagni succède à Patrice Talon, empêché par la Constitution de briguer un troisième mandat. Ancien ministre de l’Économie et des Finances pendant dix ans, il sera investi le 24 mai 2026 à Cotonou. Il deviendra le premier président élu pour un mandat de sept ans, renouvelable une fois, après la réforme constitutionnelle adoptée sous le régime précédent.


*Des relations marquées par la méfiance*  

La possible prise de contact intervient dans un contexte de fortes crispations diplomatiques. Depuis l’arrivée de Patrice Talon au pouvoir en 2016, plusieurs dossiers ont alimenté la méfiance entre les deux capitales.  

En août 2024, l’enlèvement à Lomé du cyberactiviste béninois Steve Amoussou, alias « Frère Hounvi », et son transfert vers Cotonou par des agents présumés béninois, avait provoqué de vives réactions au Togo.  

Un autre point de friction concerne le lieutenant-colonel Pascal Tigri, présenté par Cotonou comme une figure de la tentative de coup d’État avortée de décembre 2025. Selon _Africa Intelligence_, les autorités béninoises soupçonneraient un passage de l’officier par le Togo avant son arrivée au Niger, ce que Lomé n’a pas confirmé.  

À cela s’ajoutent les liens prêtés à certaines personnalités politiques béninoises avec Lomé, et le dossier de Reckya Madougou, opposante détenue depuis 2021 et considérée comme proche de Faure Gnassingbé. Ce dossier reste l’un des plus sensibles.


*Une marge de manœuvre à surveiller*  

L’arrivée de Romuald Wadagni est suivie avec attention à Lomé. Certains responsables y voient une opportunité de relancer le dialogue. Le futur président entretiendrait des liens anciens avec le Togo, où il a étudié et où résiderait une partie de sa famille.  

Avant son élection, il aurait déjà joué un rôle de canal officieux entre Patrice Talon et Faure Gnassingbé, alors que les contacts directs s’étaient raréfiés. Sa marge de manœuvre reste toutefois étroite : Patrice Talon a maintenu une ligne ferme sur plusieurs dossiers sensibles. Les premiers gestes de Romuald Wadagni envers Lomé seront observés de près.  

Faure Gnassingbé occupe depuis le 03 mai 2025 la fonction de président du Conseil, chef effectif de l’exécutif togolais, à la suite d’une réforme constitutionnelle qui a transformé le Togo en régime parlementaire. Lomé s’est imposé comme un acteur diplomatique actif au sein de la CEDEAO et de l’Alliance des États du Sahel, et demeure un corridor commercial stratégique pour le Niger et d’autres pays enclavés.  


Le Bénin et le Togo partagent une frontière, des liens économiques étroits et des proximités culturelles et linguistiques. Une reprise du dialogue aurait une portée dépassant le cadre bilatéral. L’investiture officielle de Romuald Wadagni est prévue le 24 mai 2026 à Cotonou, devant la Cour constitutionnelle.


*Youssouf TOUDONOU*

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