*Union Africaine*
*Rapport explosif d'un ex Président africain relatif à un récent processus électoral (bien un tournant dans l’institution continentale ?)*
Le rapport préliminaire des observateurs électoraux de l’Union Africaine (UA), relatif au scrutin présidentiel en Tanzanie en date du 29 octobre dernier, a été rendu public ce 05 novembre 2025. Ce rapport dresse un constat sévère du déroulement de cette présidentielle, qui a fait au moins 800 morts. Dans les annales de l'UA, on n'a plus jamais enregistré un rapport au ton incisif. Va-t-on vers un nouveau cap dans l'institution continentale qui empilait des rapports biaisés ?
Selon l’ancien président mozambicain, Armando Guebuza, qui a conduit la mission d'observateurs de l'UA en Tanzanie lors du dernier scrutin présidentiel et législatif : « Le processus électoral a été marqué par des irrégularités préoccupantes, des restrictions des libertés publiques, et une gestion partiale de l’appareil électoral.».
*Des vérités droit dans les yeux ...*
Dans un langage ferme, le rapport relève que plusieurs étapes du processus n’ont pas respecté les standards démocratiques de l’Union Africaine.
Les observateurs évoquent notamment des entraves à un scrutin transparent et fiable.
Aussi, le rapport évoque-t-il une utilisation abusive des moyens de l’État par le parti au pouvoir et des pressions sur certains candidats de l’opposition, dont les déplacements auraient été limités par des autorités locales.
Le rapport met également l'accent sur le climat général qui n’a pas favorisé une compétition équitable entre tous les acteurs politiques.
Au regard de tous ces manquements, le rapport appelle à une réforme urgente de la Commission électorale nationale afin de garantir son indépendance effective.
Ces constats dérangent le pouvoir de Samia Suhulu Hassan. En effet, ces conclusions contrastent avec les déclarations triomphales du gouvernement tanzanien, qui a salué un scrutin “transparent et pacifique”, suite à l'élection de la présidente Samia Suhulu Hassan.
Mais pour l’UA, la paix apparente ne saurait masquer les insuffisances structurelles d’un processus électoral verrouillé.
*...Autres constats*
Dès les premiers jours de la mission, des tensions avaient été signalées entre les représentants du gouvernement tanzanien et certains observateurs africains. Des restrictions d’accès à certaines zones rurales auraient même été imposées à la délégation de l’UA, au motif de “raisons de sécurité”.
Le rapport met aussi en lumière, des signes clairs de manipulation du vote dans plusieurs circonscriptions, notamment des listes électorales incomplètes et des retards inexpliqués dans le décompte des voix.
*Réaction du gouvernement ...*
Le porte-parole du gouvernement tanzanien, Joseph Mwalimu, a immédiatement rejeté le rapport, le qualifiant de « Tendancieux et basé sur des rumeurs de l'opposition.».
Il a affirmé que la Tanzanie : « Reste un modèle de démocratie apaisée en Afrique de l’Est», accusant encore l’Union Africaine de : « Se faire l’écho des puissances occidentales.».
De leur côté, plusieurs partis d’opposition saluent : « Un rapport courageux et véridique». Ils demandent l’ouverture d’un dialogue national pour repenser la gouvernance électorale et restaurer la confiance du peuple dans les urnes.
*...Rapport et regard dans la sous-région*
Ce rapport a des enjeux régionaux et politiques pour la région australe de l'Afrique.
Cette évaluation sans complaisance intervient dans un contexte où plusieurs pays d’Afrique de l’Est sont engagés dans des cycles électoraux tendus.
La Tanzanie, longtemps perçue comme un bastion de stabilité, voit aujourd’hui son image démocratique écornée par des accusations de dérives autoritaires, de censure et de marginalisation de la société civile.
Pour l’Union Africaine, ce rapport constitue un signal d’alerte. En effet, la consolidation démocratique en Afrique ne peut se faire sans transparence, pluralisme et respect des libertés fondamentales.
« Les élections ne doivent pas être un rituel de confirmation du pouvoir, mais un véritable exercice de souveraineté populaire », a rappelé Armando Guebuza, l'ex président mozambicain lors de la conférence de presse de clôture.
Avec ce rapport au ton "inquisiteur", de nombreux observateurs avertis se demandent si c'est le début de la fin des rapports électoraux biaisés au profit des gouvernements autoritaires ?
À titre de rappel, malgré les basses manœuvres du gouvernement tanzanien pour empêcher les observateurs de jouer convenablement leur rôle, la mission a pu déployer plus de 120 observateurs dans les principales régions du pays, y compris à Dar es Salaam, Dodoma, Arusha et Zanzibar.
Source : https://lafriqueenmarche.com/union-africaine-rapport-explosif-dun-ex-president-africain-relatif-a-un-recent-processus-electoral-un-tournant-dans-linstitution-continentale
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