Cotonou accueille un atelier parlementaire consacré à l’économie du soin et au travail domestique non rémunéré, avec pour ambition d’initier une réforme législative en faveur de ce secteur longtemps ignoré. Organisé avec l’appui de plusieurs partenaires techniques, cette rencontre vise à sensibiliser les députés béninois sur l’importance stratégique de ces activités, souvent accomplies dans l’ombre, mais essentielles au fonctionnement de la société.
Dans son mot d’ouverture, Abdoulaye Gounou, président de la Commission 5 de l’Assemblée nationale, a souligné la portée historique de cette initiative. « Nous sommes à un tournant d’équité et de justice sociale. Cet atelier nous permettra de mieux comprendre le concept de travail domestique non rémunéré, de nous l’approprier et de poser les bases d’une loi juste. Il en va de l’intérêt de nos femmes, de nos enfants et de notre société tout entière », a-t-il affirmé.
Pour Aïssata Fall, représentante du Population Reference Bureau (PRB), cette rencontre marque une avancée significative. Elle rappelle que son organisation œuvre depuis plusieurs années à mettre en lumière l’économie du soin. « Voir la demande émaner du champ politique est un soulagement. Ce secteur permet aux familles de vivre dignement. Il est temps que les décideurs publics s’en saisissent pour adopter des mesures concrètes », a-t-elle déclaré, saluant l’engagement des parlementaires et réaffirmant la disponibilité du PRB à accompagner toute initiative valorisante.
Le Professeur Latif Dramani, président coordonnateur du Consortium Régional pour la Recherche en Économie Générationnelle (GREG), a pour sa part insisté sur la nécessité de reconnaître la valeur économique du soin. « Ce travail, majoritairement accompli par des femmes, représente près de 38 % du revenu total du Bénin. Il est vital pour l’économie formelle. Le nier ou le dévaloriser constitue une injustice structurelle. Il est temps de bâtir une société qui prend soin de toutes et de tous », a-t-il lancé, appelant à une mobilisation parlementaire.
Répondant à cet appel, Mahougnon Kakpo, représentant du président de l’Assemblée nationale, a exprimé la volonté du Parlement de s’engager pleinement. « Ce sujet longtemps relégué dans les marges de l’histoire mérite aujourd’hui une lecture renouvelée. Il s’agit de rendre visible l’invisible, de valoriser et de protéger le travail domestique non rémunéré. L’Assemblée nationale a un rôle crucial à jouer dans l’instauration d’une justice sociale durable et intergénérationnelle », a-t-il affirmé.
Convaincu de la richesse des échanges à venir, il a invité les participants à faire de cet atelier un espace d’écoute active et de propositions pertinentes.
Plusieurs communications viendront enrichir les travaux, notamment sur les liens entre population et économie, les données nationales et les leviers de politiques publiques, ainsi qu’une session dédiée au débat parlementaire.
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