*Rites et coutumes chez les Houffons*
*Comprendre le sens profond de la transmission*
*_Cette parution ouvre le pilier 4 de la Semaine Culturelle des Houffons, consacré aux rites, coutumes et valeurs spirituelles. Elle s’inscrit dans une série éditoriale patrimoniale de sept articles. Les trois premières livraisons, parues lundi, mardi et mercredi ont respectivement éclairé les panels 1, 2 et 3. Celle de ce jeudi aborde le panel 4 relatif à la dimension sacrée qui fonde la cohésion de la communauté.*_
Chez les Houffons, les rites ne relèvent pas du folklore. Ils constituent des codes de mémoire, de respect, de lien familial, de spiritualité et de transmission. Naissance, décès, funérailles, Ayissoun Guiglo, Agômimin, libation d’ignames : chaque séquence ordonne la relation de l’individu à sa lignée, à la collectivité et aux anciens. Ces gestes rappellent que la vie personnelle s’inscrit dans une continuité qui la dépasse.
La Semaine Culturelle des Houffons prévoit de présenter plusieurs étapes majeures.
La naissance marque l’entrée de l’enfant dans la famille, la lignée et la communauté. Le décès et les funérailles instituent, quant à eux, la relation entre les vivants et les ancêtres. Loin d’être une simple disparition, la mort appelle des paroles, des gestes et des responsabilités collectives qui réaffirment le pacte entre générations.
Le Ayissoun Guiglo, rite majeur de retour sacré vers les ancêtres, occupe une place singulière. Il révèle la profondeur de la mémoire familiale et la permanence du lien qui unit les disparus à la collectivité. L’Agômimin et les autres séquences rituelles traduisent cette même exigence : accompagner, honorer et transmettre. La libation d’ignames, pour sa part, dit la protection, la continuité et la bénédiction. Dans la tradition, l’igname porte une forte symbolique : se tenir debout, traverser une saison et demeurer sous la garde des ancêtres.
Conscients des limites du dicible, les organisateurs abordent chaque rite avec prudence. L’objectif est d’expliquer ce qui peut être transmis publiquement sans trahir ce qui relève du sacré ou du réservé. Comme le souligne le promoteur : « Nous voulons expliquer les rites avec dignité : assez pour transmettre, jamais pour banaliser le sacré. »
En présentant ces rites, la Semaine Culturelle des Houffons ne cherche pas à faire du sacré un spectacle. Elle entend donner aux jeunes les clés de compréhension nécessaires pour respecter leur patrimoine, écouter les anciens et mesurer la profondeur de leur héritage.
*Youssouf TOUDONOU*
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