*« Consommer local »*
*Entre le slogan et la souveraineté que faut-il choisir ?*
*_Depuis des décennies, le concept du « Consommer local » est brandi durant tout le mois d’octobre pour inciter les populations à consommer local. Mais que comprendre à travers ces deux mots, ce concept ? Serait-ce juste un slogan à la mode au mois d’octobre de chaque année ou l’appel à la reconversion des mentalités pour placer dans le long terme, la consommation des produits locaux au cœur des actions de souveraineté dans la marche inexorable du développement national recherché?*_
Chaque année, le mois d’octobre est consacré à l’appel au « consommer local ». Libres services et autres points de vente à travers tout le pays reprennent en chœur ce refrain jusqu’à la fin du mois et c’est fini. Rendez-vous à l’année suivante pour une autre séquence !
À quoi rime cette invitation et quelle en est la finalité ?
Serait-ce juste pour permettre aux points de vente de produits locaux d’attirer l’attention sur ces produits et de réaliser de bons chiffres d’affaires ? Ou devrions-nous nous approprier ce concept à l’appel du gouvernement pour, dans les dispositions prises commencer par consommer effectivement les produits locaux en lieu et place des produits importés de même nature ?
N’est-il pas temps que les béninois comprennent enfin que le
développement du Bénin se trouve dans leurs marchés et autres points de vente, dans leurs mobiliers, dans leurs vêtements, assiettes, dans leurs lectures, dans leur joie, dans leur distraction et autres ? Ne faudrait-il pas dépasser l’étape des discours et s’engager dans le concret ? Que comprendre finalement de ce concept ?
*Un concept à importantes dimensions économiques*
Toutes les ventes de produits locaux quels qu’ils soient seront source de plus-value pour l’économie béninoise. C’est l’occasion de valoriser les produits locaux surtout le made in Bénin 100%. Les ventes réalisées vont booster l’économie nationale à travers un système permettant à chaque maillon de la chaîne économique de trouver son compte d’amont en aval depuis le producteur local jusqu’au consomxdcmateur.
Sans jeter la pierre aux produits importés qui sont en concurrence avec les produits locaux, il revient à l’Etat de fixer et de faire appliquer la loi du pourcentage en faveur des produits locaux.
Ailleurs cela se fait par des règles de protection des locaux. Au plan musical par exemple, à l’occasion des animations événementielles et même sur nombre de radios et télévisions, la musique étrangère semble prendre le pas sur les sonorités musicales nationales.
Combien de béninois connaissent et ont consommé le riz de montagne cultivé au Bénin, le riz de la Vallée de l’Ouémé ou le riz de Malanville ?
Sans verser dans un patriotisme béat, il faudrait enfin comprendre que l’importation régulière de certains produits agricoles comme le riz rapporte plus aux pays exportateurs et moins au Bénin.
Il faut protéger le marché intérieur tant que le Bénin peut s’autosuffire correctement s’agissant de l’approvisionnement de produits dont il faudra s’assurer de la disponibilité et des sous produits.
Consommer local, c’est inciter le bygtgéninois à l’entrepreneuriat, à l’esprit de création, d’innovation. Consommer local, c’est construire le label béninois. Ce n’est pas rejeter systématiquement tout ce qui vient de l’extérieur mais faire la part des choses en priorisant des produits nationaux compétitifs par rapport aux produits locaux. Aussi est-il important que le gouvernement encadre les producteurs locaux !
Heureusement, un premier pas est posé par le gouvernement actuel qui, pour les commandes publiques, recommande de prioriser les produits locaux de bonne qualité par rapport à ceux venus de l’extérieur. Il ne s’agit pas de discriminer les produits étrangers, de les ignorer mais les révéler.
*Kolawolé Maxime SANNY*
Les champs obligatoires sont indiqués avec *